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Dans un pays où, depuis vingt-quatre mois les chiffres du chômage atteignent des sommets, il est paradoxal de constater que certains métiers ne sont pas pourvus. C'est le cas pour l’agriculture. A qui la faute ? Sans doute les raisons sont multiples. D'abord une dévalorisation endémique à ce pays des métiers manuels au profit des « cols blancs ». Dans les années 70, quitter la ferme pour partir à la ville, pour travailler dans un bureau, était un signe de promotion sociale. Cette tendance a ensuite été amplifiée par l'Éducation nationale pour qui l'entrée dans une filière professionnelle sanctionnait souvent l'échec scolaire. L'agriculture elle-même ne donnait pas toujours envie, exprimant, souvent à juste titre, les difficultés à vivre dans l'exploitation, tant sur le plan professionnel (le rapport au revenu et au temps de travail) que sur le plan social et familial.
Il y a pour autant aujourd'hui quelques raisons d'espérer. Une nouvelle génération d'agriculteurs s'emploie à faire évoluer l'image de cette profession. Elle ne se pose plus en nostalgique d'un modèle qui ne reviendra plus, mais comme un acteur d'une voie de progrès, utilisant les méthodes managériale et organisationnelle de l'entreprise. Se réappropriant son destin, non pas comme sous-traitant d'une filière mais comme co-traitant, acteur d'un marché.
L'enjeu de se ré-impliquer dans la gouvernance des coopératives pour, grâce à sa puissance collective, maitriser le client consommateur final, sera déterminant pour séduire une génération qui ne comprendra plus d'être la portion congrue dans le partage de la valeur.
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