Le groupe volailler, désormais dans le giron de Terrena, est toujours en difficulté. Il lance un plan de transformation destiné à réorienter la production vers plus de qualité afin de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs sur le marché européen mais aussi sur celui du grand export.
À l’issue d’un comité d’entreprise le 13 septembre, le groupe Doux a annoncé un « plan de transformation ». L’entreprise est présente sur deux marchés principaux : le poulet entier congelé, exporté en grande majorité vers le Moyen-Orient, et les produits élaborés. Confrontée à l’export à une forte concurrence des opérateurs brésiliens, à la grippe aviaire en 2016 et à la guerre au Yémen, « deuxième marché historique » de Doux, « l’entreprise connaît des difficultés économiques qui se sont accentuées depuis à peu près un an et demi », a expliqué Christophe Couroussé, président du directoire de Doux. Selon lui, l’entreprise a perdu 35 millions d’euros en 2016, l’année 2017 étant « un peu sur la même tendance ».
Le plan de transformation de Doux se présente en trois points : « monter en gamme sur les produits premium innovants à l’export », « entrer sur le marché européen en pleine croissance du halal frais de qualité » et « regagner de la compétitivité sur l’offre d’entrée de gamme ».
Aller vers des produits plus qualitatifs
« On a identifié que sur les marchés du Moyen-Orient, il y a une très forte attente pour des produits qui apportent de meilleures qualités nutritionnelles ». D’ores et déjà, Doux va commencer à commercialiser, dans les prochains jours en Arabie Saoudite, un poulet riche en Oméga 3, sous la marque FitLife, a annoncé Christophe Couroussé.
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Doux annonce des investissements, des réorganisations industrielles et son ambition de construire un partenariat avec un opérateur européen. Le coût de l’ensemble de ce projet est estimé à « 100 millions d’euros sur quatre ans ». Pour ce faire, les actionnaires « cherchent activement des partenaires avec le soutien de l’État et des collectivités locales ».
La région Bretagne a immédiatement réagi en confirmant « l’intérêt stratégique de projet de transformation annoncé par le groupe », soulignant que le Conseil régional est au côté de l’entreprise comme c’est le cas depuis la crise de 2012. » La Confédération française de l’aviculture a apporté le 19 septembre son « soutien à la démarche du groupe qui vise à améliorer la compétitivité et la valorisation des produits » et appelle « à un sursaut collectif de la filière, avec les pouvoirs publics, pour accompagner Doux ».
En 2012, le groupe Doux avait été placé en redressement judiciaire en raison d’importantes dettes. Dans la foulée, il avait supprimé près d’un millier d’emplois avant d’établir un plan de continuation. L’entreprise a été reprise par Terrena en 2016 dont elle a intégré le nouveau pôle volailler Galliance. En juin, le syndicat FGTA-FO s’était alarmé de la situation extrêmement préoccupante de Doux (Agra Alimentation du 22 juin 2017).