Après trois années de restructuration, le groupe Doux a réorganisé son process de production et entamé une nouvelle stratégie. Pour son exercice 2005, sa dette est ramenée à 291 millions d’euros, et son chiffre d’affaires atteint à 1,389 milliard d’euros pour un bénéfice de 8,8 millions d’euros. Mais la crise aviaire devrait faire passer son résultat net prévu pour 2006 de 15 à 5 millions d’euros et ses facturations de 1,4 à 1,25 milliard d’euros. Pour s’adapter à ce climat de crise, le volailler compte développer la valorisation de ses produits en se tournant vers l’élaboré. En attendant de possibles acquisitions, d’ici trois ans.
Un chiffre d’affaires de 1,25 milliard au lieu 1,4 milliard. Un résultat net de 5 millions d’euros contre 15 millions prévus. De toute évidence, la crise de la grippe aviaire ne sera pas sans conséquences sur les résultats 2006 du groupe Doux. Mais le phénomène ne « remet nullement en cause le modèle de développement et d’organisation » du volailler. Car le plan de redressement mis en place à la mi-2003, avec l’arrivée de Guy Odri au poste de directeur général délégué, porte ses fruits. Avec un chiffre d’affaires stable, la rentabilité du premier producteur européen de volailles (1,1 million de tonnes de vif produites en 2005) s’est en effet depuis nettement améliorée. De -20 millions d’euros fin 2002, -6,7 millions en 2004, son résultat net est en effet passé dans le vert en 2005, avec un bénéfice de 8,8 millions d’euros. Alors que sur l’exercice son chiffre d’affaires ne progresse dans le même temps que de 3,1% à 1,389 milliard d’euros.
Des stocks bas et une dette réduite
« Nous avons fait mentir ceux qui en 2003 prédisaient un démantèlement du groupe », se félicite Guy Odri. Le dirigeant a opéré depuis son arrivée un redéploiement de l’activité du groupe par une stratégie en trois étapes : faire à nouveau des produits rentables, segmenter les marchés, et retrouver une vraie démarche marketing. Au final, après optimisation des process et une réorganisation commerciale, Doux a réduit sa dette de 40%, qui atteint désormais 291 millions d’euros. Son gearing est passé de 19,3 en 2003 à 3,17 en 2005. « Et notre réactivité nous permet d’avoir des stocks historiquement bas », souligne Guy Odri. Malgré la crise de la consommation liée à la crise aviaire, le niveau des stocks moyens sur l’année s’établit à 117 millions d’euros contre 120,1 millions au 31 décembre 2004.
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Se tourner vers l’élaboré
« Nous étions une entreprise manufacturière et productiviste. Maintenant nous sommes une entreprise tournée vers le client et ses attentes». Le groupe Doux veut tourner le dos à la production de biens de commodité. « Nous devons évoluer vers les produits valorisés», indique le dirigeant. Il s’agit pour le groupe de « diversifier les produits en anticipant les demandes, offrir une qualité de service irréprochable aux clients (GMS, RHF ou industriels) et de renouveler nos métiers, pour passer des pièces entières aux produits élaborés». Un moyen de pousser la société vers encore plus de rentabilité, certes. Mais aussi de se prémunir contre un retour de crise aviaire (« le sujet reviendra », selon Guy Odri), et d’anticiper la fin des restitutions à l’export en 2013. Un enjeu de taille pour un groupe qui réalise plus de 40% de son chiffre d’affaires hors du marché communautaire. 50% de ses 2 millions de volailles produites chaque jour se trouvent d’ailleurs au Brésil. Avec « l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon ou l’Arabie Saoudite (10% de son chiffre d’affaires) », Guy Odri considère ce pays comme un « marché domestique », où il compte mettre en avant les marques de son groupe (Doux, Père Dodu, LeBon, AlSabia…) et redoubler d’efforts commerciaux.
Des acquisitions d’ici trois ans
En attendant, dans l’Hexagone, le redressement du groupe finistérien qui emploie 14 500 personnes est passé par la fermeture de neuf sites de production en trois ans. Et « de facto, nous serons un acteur de la restructuration » en cours du secteur, prédit Guy Odri. Le directeur juge son groupe mieux armé que ses concurrents français pour encaisser les crises, en raison de sa stratégie « multi-sourcing, multi-produit, multi-marchés, qui répartit les risques ». Et ambitionne de se démarquer comme le « leader mondial de la viande de volaille ». Pour atteindre ce but, une phase de croissance externe pourrait être débutée d’ici trois ans. Après trois ans de restructuration, Doux engage pour l’instant une période de croissance organique.