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VOLAILLE/RESTRUCTURATIONS Doux : « de belles perspectives de développement », selon le président du directoire

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Dans une interview parue dans Ouest-France la semaine dernière, le président du directoire de Doux, premier exportateur européen de poulets sur Pays Tiers, a fait le point sur les premiers mois de l'entreprise hors de la procédure de redressement judiciaire. Tous les clignotants semblent au vert.

L'ENTREPRISE suit le plan de marche fixé dans le plan de continuation validé par le tribunal de commerce de Quimper, le 29 novembre, a expliqué en substance Arnaud Marion, dans les colonnes de Ouest-France, jeudi 22 mai. Avec 510 000 poulets/jour, « l'abattoir de Châteaulin tourne à plein. Notre trésorerie est positive avec de belles perspectives de développement. Au niveau commercial, nous allons nous renforcer et recruter un spécialiste Afrique et un spécialiste Europe ». Le groupe basé à Châteaulin fonctionne sur un chiffre d'affaires annuel de 500 millions d'euros réalisé à 80 % hors d'Europe avec 2 100 salariés dont 1 700 contrats à durée indéterminée. Ce format n'a évidemment plus rien à voir avec ce qu'était la situation de Doux avant son placement en redressement judiciaire, le 1er juin 2012. La société affichait alors un passif de 300 millions d'euros. Son activité industrielle en poulet pour le marché français était en train de s'effondrer. En dix-huit mois de redressement judiciaire, la famille Doux a restructuré l'entreprise en profondeur. Elle a fermé son pôle frais, supprimé un peu plus de 1 000 emplois et validé un plan d'apurement des dettes, désormais réduites à 75 millions d'euros.

La structure de son capital a aussi bougé. « Didier Calmels (société D&P NDLR) détient aujourd'hui 100 % du capital du groupe. Mais ceci est amené à évoluer », précise Arnaud Marion dans Ouest-France. De source syndicale, c'est toujours le schéma validé par le tribunal de commerce de Quimper qui est d'actualité, à savoir arriver à 52,5 % du capital pour D&P, 25,5 % pour le Saoudien Al Amunajem, premier client saoudien de Doux et 22,5 % pour la famille Doux.

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JBS DEVRAIT EXERCER SON OPTION D'ACHAT SUR FRANGOSUL

Reste le cas de Frangosul, filiale à 100 % de Doux qui affiche un passif de 400 millions d'euros, selon Ouest-France. Confiée au géant brésilien JBS en 2012 sous contrat de location-gérance avec option d'achat au terme de dix ans d'exploitation, la société Frangosul connaît actuellement des difficultés conjoncturelles. Néanmoins, elles ne menacent en rien Doux SA. Selon Arnaud Marion, « il y a une étanchéité totale entre Doux et sa filiale. En aucun cas, Doux France ne peut être redevable de ce qui se passe chez Frangosul ». Toujours de même source syndicale, JBS lèvera vraisemblablement son option d'achat sur la société sachant qu'il « a payé bonne partie de ceux à qui Frangosul devait de l'argent et a investi dans l'outil ». Pour Doux, le danger ne se situe pas forcément en terre brésilienne, mais plutôt sur ses marchés du Proche et du Moyen-Orient où il réalise depuis plus de trente ans l'essentiel de son business. En effet, Doux est sorti de son plan de continuation alors que la Commission européenne venait de mettre à zéro le mécanisme des restitutions à l'exportation. Doux en était le principal bénéficiaire en Europe avec son voisin Tilly-Sabco. Par la maîtrise de ses coûts dans une filière intégrée, grâce aussi à des aides exceptionnelles de l'Europe, de l'Etat et de la région (11 millions pour Doux), le groupe a réussi tant bien que mal à caler son coût de production sur le prix de marché. « Nous n'avons eu aucune mauvaise surprise, ni sur le prix des matières premières, ni sur le prix de vente du poulet, dit le président du directoire de Doux dans Ouest-France. C'est essentiel, puisque nos prévisions d'exploitation reposent là-dessus ». Doux est très attentif aux « effets de la parité monétaire, (…) un vrai sujet d'inquiétude car on ne peut la maîtriser. »