Le tribunal de commerce de Rennes a choisi l’offre conduite par le français LDC pour reprendre le groupe Doux, et non celle de l’ukrainien MHP. La FNSEA se satisfait de voir le groupe rester « dans le giron français », mais en Vendée, la FDSEA craint une concurrence accrue entre producteurs, engendrée par la fermeture annoncée de l’usine de Chantonnay.
Le tribunal de commerce de Rennes a retenu, le 18 mai, l’offre de reprise du consortium qui regroupe sept sociétés : le volailler LDC, le distributeur saoudien Al-Munajem, le groupe coopératif Terrena, la Société des volailles de Plouray, Yer Breizh (qui regroupe LDC, la région Bretagne, Terrena, Triskalia et Al-Munajem) et Saria (valorisation des coproduits de viande). Le consortium veut poursuivre l’activité export de poulets congelés à l’intention du Moyen-Orient, mais le site de Chantonnay en Vendée va fermer. Il veut surtout renforcer la production de poulet frais destiné au marché intérieur ; LDC va pour cela investir 55 millions dans une nouvelle usine à Chateaulin. Ces sociétés se sont engagées à reprendre 912 salariés ; à cela s’ajoute le reclassement possible de 274 salariés chez LDC et 154 salariés chez Terrena.
La région Bretagne fait partie du tour de table au travers de la société Yer Breizh qui comprend LDC, la région Bretagne, Terrena, Triskalia et Al-Munajem. Les ministères de l’Agriculture, des Affaires Etrangères, de l’Economie et de la Cohésion des territoires, ainsi que la Région Bretagne ont parlé d’une « reprise exemplaire et fondatrice pour le volailler Doux ». « Ce processus a permis l’émergence de ce projet de reprise qui apporte des solutions à la totalité des emplois du groupe Doux via le maintien de 912 emplois (dont 811 sans conditions) sur les 1 165 du groupe, et la proposition de 401 offres de reclassement, tant en Bretagne qu’en Pays de la Loire », assurent-ils.
La FNSEA et la CFA satisfaites de voir Doux « rester dans le giron français »
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La FNSEA et la Confédération française de l’aviculture (CFA) « se félicitent de ce résultat qui permet à l’activité de Doux de rester dans le giron français », tout en rappelant que « des solutions doivent être trouvées pour l’ensemble des producteurs ». Le syndicalisme majoritaire est rassuré car l’offre concurrente de l’ukrainien MHP « nous faisait craindre une déstabilisation de notre filière française qui s’est inscrite dans une reconquête du marché intérieur depuis plusieurs années », commente la CFA. Mais il prévient qu'« aucun éleveur, de la Vendée au Finistère, ne pourra être laissé sur le bord de la route ».
La FDSEA de Vendée craint une concurrence accrue entre éleveurs
Contacté par Agra Presse le 22 mai, le président de la section avicole de la FDSEA de Vendée, Thierry Lumineau, craint une concurrence accrue entre éleveurs dans son département, après le choix d’une reprise qui n’inclut pas de solutions pour l’abattoir de Chantonnay. « Selon l’association d’éleveurs Doux, 50 % de la surface pourrait être replacée, rapporte Thierry Lumineau. Mais nous, éleveurs, nous allons nous retrouver plus nombreux sur le marché. Les éleveurs qui livraient Doux vont chercher de nouvelles entreprises ». Le syndicaliste craint qu’après la période estivale, plutôt porteuse pour la production de poulets, certains éleveurs « qui livrent – ou non – chez Doux » soient mis de côté par leurs acheteurs habituels, ou que les vides sanitaires entre bandes de poulets s’allongent chez certains. Le syndicaliste craint une sélection par les résultats techniques, l’âge des bâtiments ou par la proximité géographique.