Réunis en CCE extraordinaire le 20 février dernier, les salariés du groupe Doux s’inquiètent de la situation financière du groupe. Avec une perte nette qui ne baisse pas, Doux voit sa production diminuer fortement. Si aucune restructuration n’est pour l’heure évoquée, environ 200 postes principalement d’intérimaires devraient être prochainement supprimés, selon les syndicats. Le groupe emploie 5 500 salariés en France.
Alors que Doux avait enregistré une perte nette de 45,3 millions d’euros en 2006, l’exercice 2007-2008 ne semble pas se profiler sous de meilleures auspices. Les salariés s’inquiètent de la situation financière catastrophique de Doux, qui ne parvient pas à se remettre de la crise de la grippe aviaire, contrairement à ses concurrents LDC et Duc qui ont notamment réussi leur diversification dans les produits élaborés.
Sur son exercice 2007-2008, « l’activité dindes et poulets a baissé sur tous les sites », indique Christiane Legouesbe, délégué central FGA-CFDT du groupe Doux, avançant une perte de production de l’ordre de 50 % sur certaines unités du groupe. L’activité dinde serait la plus touchée, notamment sur ses deux sites situés dans le Morbihan, à Locminé et à Plouray, ainsi que celui du centre de la France à Blancafort, dans le Cher. Du côté de la direction, on évoque une baisse structurelle de la consommation française de dinde, victime d’un déficit d’image, touchant l’ensemble des acteurs de la filière. Son activité d’abattage de poulet serait également concernée par cette baisse de production, mais uniquement sur la partie frais. « L’activité poulets congelés pour l’export se maintient grâce notamment aux restitutions », explique Christiane Legouesbe. Quant à son activité de canards, elle aurait « enregistré une baisse entre 10 et 15 % », ces quatre dernières années.
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Nouveaux approvisionnements
Réunis à leur demande en CCE exceptionnel le 20 février dernier, les syndicats s’inquiètent des difficultés financières de Doux et des éventuelles fermetures de sites, même si aucune restructuration n’est pour l’instant d’actualité. « La politique du groupe reste de maintenir les emplois permanents mais de supprimer environ 200 postes d’intérimaires. Mais la direction ne s’engage pas au-delà de juillet-août 2008. Elle est incapable de nous donner une stratégie à long terme, même sur un an. C’est un gros point d’interrogation pour la suite concernant les emplois, l’avenir du groupe, sa stratégie », s’indigne la délégué central.
Sur les cinq à six mois à venir, Doux entend dénicher de nouveaux approvisionnements pour relancer sa production de poulets et de dindes et maintenir l’activité. « Il y a, en effet, une nécessité de recruter de nouveaux éleveurs alors que le parc français continue de se réduire. Le groupe a déjà mis en place une revalorisation des contrats ainsi qu’une aide spécifique à l’installation et à la reprise d’établissements, d’un montant de 2 millions d’euros, débloqués sur les fonds propres du groupe », précise Marine Champon, directrice de la communication de Doux.Rappelons qu’en novembre 2007, la coopérative des Fermiers de Janzé avait décidé de quitter le groupe Doux pour rejoindre LDC Cf Agra alimentation n°1994 du 08/11/2007 page 23, n’obtenant pas une quatrième augmentation de tarifs. « Nous avions passé trois augmentations successives en 2007. Les Fermiers de Janzé demandaient une quatrième revalorisation, que nous ne pouvions satisfaire avant janvier 2008. La coopérative n’a pas voulu attendre », souligne Marine Champon, précisant que le groupe Doux a enregistré une perte de 2,7 M EUR sur la marque Janzé sur les dix-huit derniers mois. Le groupe devrait présenter ses résultats fin avril-début mai. Certains évoquent déjà une perte nette importante qui ne diminue pas. En 2006, Doux avait enregistré un chiffre d’affaires en recul de 6,6 % à 1,3 milliard d’euros, notamment à cause de la crise de la grippe aviaire. Sa dette financière s’élevait, à l’époque, à 353 millions d’euros. Possédant 14 sites d’abattage et de découpe et deux sites de produits élaborés en France, le groupe emploie 5 500 salariés dans l’Hexagone.