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Volaille/Lobbying Doux se met au chantage

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Doux n’a pas hésité la semaine dernière à envoyer une lettre ouverte aux pouvoirs publics pour faire passer ses hausses de tarifs. Et s’essaie au chantage en menaçant de réduire l’activité en France.

Confronté au renchérissement des céréales qui entrent dans la composition de l’alimentation animale, le groupe Doux a recours à la menace pour faire accepter des hausses de tarifs à certains distributeurs. « La situation est intenable pour la filière si nous ne parvenons pas à un accord avec tous les distributeurs français. Il est maintenant urgent que chacun, tout au long de la chaîne, adopte une attitude responsable », a déclaré Guy Odri, directeur général de Doux, le 14 octobre. « L’aliment à base de céréales qui contribue à hauteur d’environ 50% du coût de revient des volailles a augmenté de plus de 30 % depuis le début de l’année alors que les prix de vente aux distributeurs n’ont pas augmenté depuis janvier 2010 », précise le groupe, qui admet que 50 % de la distribution a joué le jeu.

Menaces sur l’emploi et la rémunération des éleveurs
Si ces hausses ne sont pas acceptées, le groupe menace de réduire la rémunération des éleveurs, de réduire les mises en place et de procéder à des réductions de personnel sur les sites de production produits frais. Ces mesures sont liées à la réaffectation des volumes initialement destinés à la France vers l’export avec un impact négatif sur l’emploi et l’activité. « L’augmentation de 15% du prix de vente distributeurs aurait un impact de moins de 1 euro par mois en moyenne pour le consommateur (consommation moyenne de 25kg/an), et aurait pour vertu de ne pas condamner notre filière », précise un communiqué. Guy Odri avait déjà évoqué une nécessaire hausse de tarifs le 9 septembre lors de la présentation des résultats du premier semestre. Mais il avait également fait part d’une volonté d’aider à l’installation de nouveaux éleveurs pour pallier une production insuffisante en France. Pour rappel, le groupe a vu au premier semestre son chiffre d’affaires sur le marché domestique français reculer de 10,6 % mais a annoncé avoir retrouvé l’équilibre sur ce marché. Guy Odri avait expliqué cette évolution par l’abandon de certains marchés très concurrencés. Le grand export, en partie alimenté par les installations brésiliennes, a toujours été l’activité la plus rentable pour Doux.

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