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« Est-ce que demain les jeunes s’installeront en fonction du DPU à l’hectare ou en fonction de la valeur ajoutée produite ? », interrogeait William Villeneuve dans son discours au congrès de la FNSEA. Une question en filigrane de ce congrès d’Auxerre mais, en fait, omniprésente. En témoigne une table ronde de représentants syndicaux agricoles de cinq pays européens dont le leitmotiv, malgré des divergences réelles, était la nécessité de produire pour un marché. Pour bon nombre d’Européens, l’aide directe doit constituer une base, un minimum au-delà duquel l’agriculteur est en prise directe avec un marché, bien sûr si possible régulé. Les conseillers des centres de gestion, les banquiers, bon nombre de syndicalistes tiennent le même discours. Les agriculteurs qui s’installent ou investissent doivent le faire en n’ayant en vue que le marché, le « plus produit » comme on dit en marketing et non plus le montant envisagé d’aides directes.
Il y a un calcul très simple à faire : les nouveaux pays membres ne touchent qu’entre 50 % et 60 % des aides directes européennes ; de plus, bon nombre de productions, dans tous les pays, ne perçoivent aucune aide. Tout cela pour un budget d’un peu plus de 50 milliards d’euros pour la Pac qu’il serait très miraculeux de pouvoir reconduire en 2013. Si, après 2013, le DPU doit être équitablement réparti entre tous les pays et toutes les productions, cela entraînera par évidence une réduction très forte du montant à l’hectare, aides économique et environnementale confondues. Il faut donc d’urgence trouver une valorisation économique qui compensera cette évolution. Voilà le message que bon nombre de professionnels tentent de faire passer dans les campagnes. Faire croire que les subventions pourront rester à des niveaux proches d’aujourd’hui, c’est entretenir une bien dangereuse illusion.
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