Après « une année 2012 difficile et une campagne 2013 en crise conjoncturelle », la production d'ail en 2015 devrait confirmer l'embellie entamée en 2014, selon les estimations de l'Aniail (Association nationale interprofessionnelle de l'ail) présentées en conférence de presse le 15 juin.
L'érosion de la production et du nombre de producteurs semble se stabiliser, et la campagne 2015 devrait être « petite à moyenne », proche de celle de 2014 (17 800 tonnes), a indiqué Christiane Pieters, présidente de l'Aniail, lors d'une conférence de presse le 15 juin. Elle reste cependant bien inférieure aux 45 000 tonnes annuelles produites avant les années 2010.
La qualité, qui s'annonçait bonne, risque de pâtir des récentes intempéries, notamment dans le Sud-Ouest. « Le climat va probablement avoir un effet sur le calibre », ont indiqué les membres de l'Aniail. Au début des années 2000, les agriculteurs français produisaient environ 45 000 tonnes chaque année. La concurrence de la Chine, puis plus récemment de l'Espagne (170 000t de production annuelle, soit presque 10 fois plus que la production française) soumise à une réglementation plus souple, notamment en matière de droit du travail, a fait du tort aux producteurs français, explique Mme Pieters. En plus de l'émergence de ces nouveaux concurrents, la filière ail a dû faire face, dans le même temps, à une forte baisse de la demande qui est passée de 800g en 2000 à 500g par an et par personne, soit 30 000 tonnes, aujourd'hui.
« Mon ail français » : la nouvelle campagne de communication de l'Aniail
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Accompagnée par le Médiateur des relations commerciales agricoles depuis 2014 (voir encadré), l'Aniail travaille à la promotion de l'ail français. La stratégie élaborée vise à mettre en avant la saisonnalité de l'ail et soutenir la vente de la production française pendant les 5 mois (1er août – fin décembre) de commercialisation de l'ail français. Elle vient, dans cette optique, de créer une nouvelle identité visuelle « mon ail français » afin de permettre au consommateur de mieux le distinguer dans les supermarchés. Le logo et la mascotte déclinée seront visibles dès le lancement de la campagne 2015, au mois d'août. Dans un second temps, l'Aniail envisage de distinguer l'ail français des autres productions par le biais d'un conditionnement de couleur différente identifiable sur les étals (un filet violet, plutôt que le traditionnel filet rouge). Une opération marketing incontournable pour l'Aniail, puisque l'ail français est essentiellement vendu en grande distribution, particulièrement demandeuse, explique Mme Pieters.
La filière ail est suivie depuis deux ans par le Médiateur des relations commerciales agricoles, Francis Amand. Une nomination qui avait fait suite à une demande des producteurs d'ail en grande difficulté, qui sollicitaient une aide pour redonner du dynamisme économique à la filière. L'accompagnement s'est révélé concluant, selon l'Aniail, puisque la crise a été endiguée. Le médiateur a permis d'encourager les acheteurs à s'approvisionner en ail français et a identifié « les mauvais élèves de la grande distribution », indique Mme Pieters. C'est également en collaboration étroite avec le médiateur que la nouvelle campagne marketing se met actuellement en place. De son côté, M. Amand souligne l'importance de cette « petite filière, emblématique de la qualité française » et particulièrement intéressante en matière d'expérimentation. Il a également félicité l'Anial, affirmant que « l'ail est la preuve que l'amont peut se prendre en main, sans attendre l'action de l'aval. C'est un bon exemple à suivre ».