Et si le porc était l'avenir du lait ? Autrement dit, que les problèmes du secteur porcin préfigurent ceux, possibles, du secteur laitier une fois les quotas disparus. Qu'on en juge : les marchés du porc n'ont jamais été vraiment régulés. Sauf en cas de crise sévère lorsque la Commission européenne décide d'instaurer une aide au stockage privé. La crise est atténuée, mais pas annulée : on ne fait qu'étaler dans le temps des productions qui ne trouvent pas suffisamment preneur. Le porc est une production hors sol, dira-t-on. Mais la production laitière ne va-t-elle pas peu à peu devenir partiellement, on dit bien partiellement, hors sol ? Il ne s'agit pas de le regretter, voire de le contester mais de le constater. Pour assurer les marchés de très grande consommation, en Europe et à l'étranger, une partie de la production laitière devient indépendante du sol, avec des animaux en étable nourris à base d'aliments composés industriellement. La ferme des mille vaches, qui n'en compte que 500 aujourd'hui, correspond bien à un certain type de filière industrielle. Il y en aura bon nombre d'ici dix ans.

Autre similitude : l'essentiel de la production de porc (les trois quarts environ) est destiné à une transformation industrielle, comme le lait. Avec toutefois une différence notable, en France : l'industrie laitière est très structurée, composée pour partie de grandes entreprises internationales ce qui n'est pas le cas en charcuterie.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre

Malgré quelques différences, la question porcine a donc valeur de test vis-à-vis du futur secteur laitier. Test, surtout, de la capacité et de la volonté de la puissance publique, européenne et française, à parer si ce n'est à régler une crise de marché. Un test d'autant plus crucial que le nombre de producteurs de lait est six fois plus élevé que le nombre de producteurs de porcs