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Du village à la métropole, l’urbain multiplie les initiatives pour les abeilles

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Le label Apicité a été attribué à 17 villes, le 1er décembre. De Montberon (30) à Paris en passant par Clermont-Ferrand, les conseils municipaux voient ainsi récompenser leurs actions politiques pour la préservation des abeilles.

« C’est un succès immédiat avec l’attribution du label Apicité à 17 communes », a déclaré Henri Clément, porte-parole de l’Unaf (apiculteurs français), lors du lancement du nouveau label pour la préservation des abeilles à Paris, le 1er décembre. L’objectif est de récompenser les actions de préservation des abeilles, mais aussi de « sensibiliser » les citoyens au sort de ces hyménoptères. Pour prétendre au label, les villes doivent mettre en place des actions sur le développement durable, la gestion des espaces verts, la biodiversité, l’apiculture et la sensibilisation. Parmi les premières villes labellisées, on compte Paris, Amiens, Clermont-Ferrand pour les plus grandes, mais aussi Montberon (31), St-Pierre d’Amilly (17) pour les plus petites. Le label est attribué pour deux ans reconductibles. Le comité de labellisation est composé de l’Unaf, de l’association française d’agroforesterie, d’Hortis (responsables des espaces "nature" en ville), de l’association Noé Conservation et du pôle ingénierie écologique du Centre national de la fonction publique de Montpellier.

700 ruches à Paris

Une des actions les plus répandues est l’installation de ruches en ville sur les toits et dans les espaces verts, par exemple. « À Paris, nous avons 700 ruches au total », affirme Pénélope Komitès, adjointe à la mairie de Paris chargée des espaces verts. La métropole ne s’en tient pas là. L’objectif est d’installer « 30 hectares de toits végétalisés d’ici 2020 ». Les grandes villes n’ont pas le monopole de la préservation des abeilles. Le village de Montardier (30), qui compte 210 habitants, a aussi été labellisé. Nicolas Pascal, conseiller municipal présent pour la remise du label, illustre une des actions mises en place : « Nous avons installé une ruche pédagogique pour sensibiliser le public scolaire ».

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Vers une « urbanisation raisonnée »

La préservation des abeilles va de pair avec un retour de la nature en ville. « Il faut miser sur une urbanisation raisonnée », témoigne Jean-Pierre Gueneau, président d’Hortis. L’idée est de développer un panel d’actions pour favoriser l’installation des abeilles en ville. « Ce n’est pas seulement le sans-pesticides », développe-t-il. Il cite les nouveaux espaces verts : l’agriculture urbaine, les jardins partagés. Enfin, les toits en ville constituent un formidable espace disponible pour remettre de la nature en ville. Si les jardins perchés sur les toits des immeubles ont le vent en poupe dans les conseils municipaux, ce n’est pas qu’un effet de mode. Les experts se penchent très sérieusement sur le capital biodiversité qu’ils constituent. « L’augmentation de l’épaisseur de sol et de la diversité des plantes sur la toiture augmente la diversité des insectes pollinisateurs », selon les résultats d’une expérimentation menée par CDC Biodiversité et l’Institut d’écologie et des sciences de l’environnement, publiés le 25 novembre. Par ailleurs, l’épaisseur de sol a aussi des conséquences sur le potentiel effet « rafraîchissant » de la toiture. Ainsi, pour les aménageurs urbains, l’expérimentation montre que le choix des composantes d’une toiture (type de sol, épaisseur et végétaux) nécessite une réflexion sur les services écosystémiques souhaités en amont de la végétalisation d’un bâtiment.

Les communes labellisées Apicité vont de 200 à 2 millions d’habitants.