Derrière les grands groupes LDC et Terrena, plusieurs acteurs de l’industrie avicole ont un rôle à jouer dans sa structuration. Duc en fait partie, malgré un exercice 2008 difficile à cause de la forte inflation des matières premières. Son chiffre d’affaires consolidé est en hausse de 21,12 %, mais son résultat opérationnel est en perte de 6,45 millions d’euros, et son résultat net en baisse de 7,52 millions d’euros. Pour améliorer sa situation financière, le groupe souhaite se concentrer sur le frais et le poulet, notamment les produits élaborés. Il compte également sur la concentration de l’industrie avicole qui pourrait permettre à ses différents acteurs d’investir davantage en communication et en R&D et ainsi améliorer la rentabilité du marché de la dinde. Duc a plusieurs atouts pour jouer un rôle important dans la concentration de son secteur, notamment son intégration filière, ses parts de marché en volailles certifiées et son positionnement géographique. Duc espère bien être un outsider derrière les deux géants de la volaille, et pourrait bien s’allier dans les prochains mois à un groupe de la même taille.
Duc sort d’une année difficile. Certes, son chiffre d’affaires consolidé s’est élevé à 202,72 millions d’euros, en hausse de 21,12 % par rapport à 2007 (surtout grâce aux acquisitions effectuées en 2008). Et sur un marché de la volaille en baisse de 3,3 %, Duc a vu ses volumes commercialisés progresser de 0,5 %. Mais son exercice 2008 a également été caractérisé par la très forte inflation des matières premières, le vif ayant augmenté d’environ 20 %. Le résultat opérationnel de Duc est donc en perte de 6,45 millions d’euros, et son résultat net en baisse de 7,52 millions d’euros. La dinde est le secteur le plus touché par la conjoncture, car la hausse de ses prix n’est pas répercutable sur les prix au consommateur. La dinde coûte 30 % plus cher au vif alors que les consommateurs l’achètent au même prix que le poulet. « Les consommateurs ne sont pas prêts à acheter leur viande de dinde plus cher que le poulet », explique Joël Marchand, directeur général de Duc. « Nous avons peu d’espoir de réduire le décalage de prix de revient et allons donc passer d’une production de 66 000 dindes par semaine à 46 000 dindes par semaine à la fin de cette année », estime Joël Marchand, qui se réjouit tout de même que la consommation soit repartie en début d’année. Le groupe a vu ses ventes de dindes augmenter de 8 % sur le premier trimestre, et ses ventes de poulet de 2,4 %.
Moins vulnérable sur le frais
Duc, qui représente 8 % du marché de la volaille en GMS, réduit donc volontairement son activité de dindes, en particulier en surgelés RHF. Globalement, le groupe souhaite se concentrer sur le frais (qui représente 68 % de son activité actuellement), les produits élaborés de poulet et sur les clients proches géographiquement, pour ainsi éviter au maximum les coûts de transports et d’emballage. « Nous sommes moins vulnérables sur le frais, car nous sommes proches des grandes agglomérations. Sur le surgelé, nous avons peu de chance d’être concurrentiels », indique Joël Marchand. Le groupe se développe tout de même à l’export, qui représente aujourd’hui 8 % de son chiffre d’affaires (principalement au Benelux et en Royaume-Uni), contre 7 % l’année dernière. La société DRB, une joint-venture avec SVS 98 en Bulgarie dont Duc détient 40 %, commercialise des produits à marque Duc en Bulgarie et bientôt en Roumanie. Cette entreprise est un bon relais de croissance à l’étranger pour Duc. Globalement la diversification de Duc lui est utile : sa filiale Cobral (acquise en décembre 2007), spécialiste des produits traiteurs et des pâtes feuilletées, a réalisé 23,5 millions d’euros de chiffre d’affaires l’année dernière et a amélioré sa rentabilité. Duc a d’autres atouts qui pourraient lui permettre d’être un acteur clef des futurs mouvements de concentration que l’industrie avicole va connaître dans les prochains mois.
Un outsider
« Nous pouvons être un outsider derrière LDC et Terrena », espère Joël Marchand, qui insiste sur les trois principales qualités pouvant permettre à Duc de sortir du lot : son intégration filière, ses parts de marché en volailles certifiées (notamment en MDD, qui représentent 40 % de son chiffre d’affaires) et son positionnement géographique. « Nous sommes les seuls à être dans l’Est et sommes proches de la région parisienne ». Dans les prochains mois, Duc pourrait monter une alliance avec un groupe de taille similaire pour développer des synergies. « Nous sommes atypiques et avons donc une carte à jouer. Il serait intéressant pour nous de nous allier avec un groupe de même taille. Nos actionnaires prendront la décision, en s’attachant particulièrement à la préservation de nos emplois », ajoute le directeur général de Duc, qui emploie 1100 personnes. Les deux principaux actionnaires de Duc sont Verneuil Finance (65 %) et la Cecab (16,82 %). Autre atout pour Duc : son cahier des charges correspond à ce que préconise l’Union européenne, avec une baisse de densité des élevages, la future directive bien-être animal et la directive OGM. « Je suis certain que le dossier Arrivé va faire prendre conscience aux différents acteurs du secteur qu’il faut bouger. Dans quelques mois, il ne restera plus que cinq ou six opérateurs sur le marché de la volaille, j’en suis convaincu. Nos atouts devraient nous permettre de tirer profit de cette situation », ajoute Joël Marchand.
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Se structurer pour davantage investir et communiquer
Le directeur général de Duc considère que la concentration du secteur de la volaille est indispensable et qu’elle peut avoir beaucoup de bienfaits pour son entreprise. « Les marchés qui se portent le mieux sont ceux qui sont le mieux structurés », remarque-t-il. En 2001, la production française atteignait 2,3 millions de dindes par semaine, aujourd’hui, elle n’est qu’à 1,1 million. La plupart des acteurs du secteur de la dinde auront du mal à résister seuls à la baisse de ce marché. Plus le marché se restreint, moins ils ont la capacité d’investir et d’innover. « La volaille a peu de notoriété et une faible rentabilité car seuls les grands groupes peuvent se permettre de communiquer. Le secteur de la viande bovine peut davantage investir et communiquer car il est mieux structuré », confirme Joël Marchand, dont l’entreprise prévoit tout de même plusieurs investissements cette année.
En effet, Duc investit cette année 700 000 euros pour un atelier de transformation de petites viandes dans son usine de Chailley ainsi que 700 000 euros dans un couloir à poussins certifiés dans son usine de Charolles, qui va passer ainsi d’une capacité de 260 000 poussins par semaine à 320 000 poussins par semaine. Duc prévoit également d’équiper son usine de Gouaix d’un trancheur automatique, ce qui représente un investissement de 200 000 euros. Enfin, Duc va dépenser 400 000 euros pour finir d’équiper ses lignes de production pour que ses produits soient sous atmosphère protectrice et gagnent ainsi trois jours de DLC supplémentaires.