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Volaille/Résultats Duc toujours dans le rouge

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Duc a certes limité ses pertes par rapport à 2008 mais reste dans le rouge en 2009. A 188,2 millions d’euros, son chiffre d’affaires a reculé de 7,2 %. Le résultat opérationnel courant s’est établi à - 4,8 millions d’euros, contre - 6,6 millions d’euros l’année précédente. Sont notamment invoquées la baisse du prix de détail, le report de la consommation vers des produits premiers prix et la dégradation du marché des produits surgelés pour la RHF, activité dont Duc se désengage progressivement. Cela pourrait déboucher sur des partenariats – des discussions sont en cours –, pour les sites bretons spécialisés dans la dinde. Depuis 2004, Duc n’a connu qu’un seul exercice rentable, en 2007.

Contrairement à LDC et Gastronome qui ont enregistré une progression de leur chiffre d’affaires en 2009, Duc voit le sien diminuer de 7,2 %, à 188,2 millions d’euros. Une évolution qui reflète une réalité contrastée. L’activité poulet (50 % des ventes) s’est maintenue, de même que les produits traiteurs (11,6 %). Les produits élaborés (11,6 %) ont même progressé, notamment grâce aux panés frais. Mais Duc a souffert de la concurrence sur la dinde (22,6 %), notamment pour les produits surgelés à destination de la RHF.
Outre les difficultés de la filière dinde, Duc met en avant d’autres explications pour analyser ces résultats. « Les consommateurs se sont rabattus sur les produits premier prix, alors que nous sommes très axés sur les marques distributeurs haut de gamme. Nos produits ont bénéficié de moins d’offres promotionnelles qu’en 2008 », constate Joël Marchand, directeur général de Duc. Les produits certifiés représentent près de 50 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. Duc a également souffert de la « baisse des prix de détail constatée par l’ensemble de la filière », notamment au second semestre.

Le résultat opérationnel courant reste négatif
2009 a été l’occasion pour Duc de se désengager de ses activités non stratégiques et non rentables. La filiale Dialzo (extrusion de graines), qui n’était pas rentable a ainsi été liquidée et les marchés des produits surgelés pour la RHF (6 % de l’activité) ont été passés au crible. Une stratégie qui se poursuivra en 2010. Elle n’a pas suffi, pour l’instant, à renouer avec la profitabilité puisque le résultat opérationnel courant reste négatif, à – 4,8 millions. La marge opérationnelle courante a toutefois augmenté, passant de – 3,25 % en 2008 à – 2,55 %. Joël Marchand assure que les pertes ne sont dues qu’à la filière dinde. Le résultat net part du groupe s’est établi à – 6,2 millions d’euros, pour – 7,5 millions d’euros en 2008.

Recherche de partenaire pour la filière dinde
Dès 2009, Duc a avait fait état du décalage du prix de revient entre la dinde et le poulet et décidé de se désengager de la dinde pour restaurer ses marges. « La dinde est plus chère que le poulet mais elle est vendue au même prix et tous les ans, sa consommation baisse. C’est un marché qui s’est fortement dégradé depuis trois ans », précise Joël Marchand. « Nous avons arrêté un gros contrat sur lequel nous perdions de l’argent en 2010. En 2009, nous allons tout examiner au cas par cas. Nous sommes beaucoup plus vulnérable sur les produits surgelés, plus faciles à importer, que sur les produits frais. » Concrètement, deux des sept sites du groupe sont particulièrement concernés par cette stratégie. Il s’agit de Riec sur Bellon (acquis il y a trois ans) et de Plumelin en Bretagne, tous deux affectés par un marché dégradé. Des discussions sont en cours avec un partenaire éventuel pour au moins l’un des deux sites. « Ce sont deux beaux sites. Nous cherchons des partenaires pour du long terme », assure Joël Marchand.

Plan d’amélioration continue
Pour faire face à ses difficultés, outre la restructuration de son activité RHF surgelés, Duc a mis en place un plan d’amélioration continue. « Sur une année pleine, on doit faire entre 2 et 2,5 millions d’euros d’économie sur les sites industriels, qui seront tous passés en revue cette année. Nous avons également structuré notre service achat et réduit le nombre de nos fournisseurs. L’économie générée sur une année pleine est de 2,3 millions d’euros », estime Joël Marchand.

Renouer avec la croissance et la rentabilité en 2010
Pour 2010, le dirigeant espère renouer avec la rentabilité. Il rappelle que de nouveaux marchés ont été obtenus avec Carrefour Market et Auchan au cours du second semestre 2009. « Les enseignes communiquent à nouveau sur nos produits. Le marché se porte plutôt bien pour l’instant, même si les deuxième et troisième trimestre sont déterminants pour notre activité. Le chiffre d’affaires peut remonter en 2010. »
Duc compte aussi sur les nouveautés 2010 pour gagner des volumes additionnels. A savoir des produits micro-ondables, comme des aiguillettes marinées commercialisées sous MDD chez Carrefour. Et des produits bio, pour lesquels Duc a monté une filière regroupant une quinzaine d’éleveurs. « L’objectif est de voir les produits bio en linéaire en fin d’année », précise Joël Marchand. Duc prévoit également de commercialiser des produits sans OGM dès la publication du décret.
Pour rappel, Duc employait fin 2009 1 084 personnes (CDI et CDD), dont 162 chez le traiteur Cobral. L’entreprise, détenue à 65 % par le groupe Verneuil, est cotée sur Euronext Paris, compartiment C.

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