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D’un côté à l’autre du Rhin

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Les filières animales ont encore suscité la compassion des pouvoirs publics et Bruno Le Maire a trouvé plus de 300 millions pour éviter le pire. Mais on attend encore les plans stratégiques de développement et de reconquête pour adapter nos structures y compris au stade des industries d’aval. Et ceci vaut aussi bien pour le lait que pour le porc ou la viande bovine…
Un « collectif » vient de se créer entre industriels et éleveurs pour tenter de contrer le dumping salarial des Allemands qui favorise le cochon d’Outre-Rhin et tue à petit feu notre économie porcine : c’est un bon début, mais il lui reste à se faire entendre. Mais, comme le professe Alain Glon à l’occasion des 100 ans de la marque Sanders, « la ligne Maginot que la France tente d’opposer a connu des précédents, elle n’y fera rien… » L’Allemagne, nous rappelle-t-il, a anticipé, elle nous devance dans la mise aux normes de ses élevages et notre sous-compétitivité industrielle est telle que « un jour, peut-être pas si éloigné, la distribution française, fatiguée d’être approvisionnée à plus cher que ses concurrents hard discounters, ira chercher la viande de porc en Allemagne et les Français consommeront des viandes ayant les caractéristiques décidées en d’autres pays ». Et ce ne serait pas si différent de ce qui est arrivé avec les politiques de récession organisée que l’on a vu pour la volaille suite aux accords du Gatt ou dans le sucre après les injonctions de l’OMC !
De part et d’autre du Rhin, il semble que l’on n’a pas les mêmes talents pour mener une vraie stratégie d’anticipation, ni la même volonté pour défendre son capital agroalimentaire.

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