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D'un soutien à l'autre

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Le soutien qu'attendent certains pans de l'agriculture va-t-il nécessiter, à Bruxelles, des négociations aussi douloureuses que celles qui ont eu lieu sur le soutien à apporter... à Athènes ? La comparaison est sans doute exagérée. Pourtant, interrogé à l'issue des 17 heures de tractations au sommet qui ont abouti à un fragile accord sur la Grèce, François Hollande a fait le rapprochement. « Les débats au sein de l'Union européenne ont toujours été difficiles », a rappelé le président français. « L'histoire de l'Europe est faite de discussions longues, des nuits entières passées sur les budgets, sur les accords monétaires et sur tant d'autres questions y compris agricoles dans un passé qui n'est pas si loin et qui, d'ailleurs, revient aujourd'hui compte tenu des difficultés que vit notre agriculture », a-t-il estimé. Dans le même temps, s'ouvrait justement, dans un bâtiment tout proche, une réunion des ministres de l'agriculture de l'UE, consacrée à la situation préoccupante sur plusieurs marchés. Comme d'habitude, la Commission européenne, gestionnaire parcimonieuse, a été sourde, du moins à ce stade, aux appels lancés par plusieurs États membres en faveur de mesures pour la viande porcine, la viande bovine et le sucre. Tout juste a-t-elle accepté de prolonger au-delà de leur date d'expiration du 30 septembre l'intervention publique et l'aide au stockage privé pour le lait et de venir en aide au secteur des fruits et légumes affecté par l'embargo russe. Mais sans doute le débat ne fait-il que commencer. C'est en tout cas ce que pronostique le président français.