A l'occasion du lancement d'une solution de biocontrôle, DuPont s'est montré confiant dans l'avenir du colza. Un débat, organisé le 27 novembre en présence de ses distributeurs, a souligné l'atout de cette culture, source de protéine et d'huile.
« Le colza a de l'avenir, a déclaré le chef produits fongicides grandes cultures Jean-Marc Saurel. Cela en raison de sa mixité de débouchés, à la fois en protéine et huile. » Pour appuyer le message, le groupe américain d'agrochimie a fait s'exprimer des experts, de l'économie et de l'industrie. Un débat s'est tenu avec les distributeurs, le 27 novembre à Paris, à l'occasion du lancement d'une solution de biocontrôle (lire l'encadré).
« L'atout majeur du colza est qu'il s'agit d'une plante mixte, fournissant de l'huile et de la protéine, a insisté Michel Boucly, directeur général adjoint du groupe Sofiprotéol. Il répond aux besoins d'énergie renouvelable et de retrouver des protéines dans le pays. »
La discussion avec la salle a toutefois pointé des critiques envers cette culture : son IFT (indice de fréquence de traitement) élevé, sa transformation en diester. « On a connu trois ans de combat difficile pour défendre le biodiesel, a reconnu Michel Boucly. La situation est aujourd'hui assainie. Plus personne ne pense faire disparaître l'utilisation de diester. » C'est devenu le premier débouché pour l'huile de colza. Un coproduit en est issu, le tourteau, dont l'intérêt est de constituer une source de protéine pour l'alimentation animale. Il permet de réduire la dépendance aux importations de soja.
Vers une abondance d'huile
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Par sa dualité huile et tourteau, le colza est différent du maïs aux Etats-Unis, où le programme éthanol n'est pas très rationnel, y compris en bilan énergétique », a renchérit l'économiste Philippe Chalmin. « Mis à part la canne à sucre, cultiver uniquement pour l'énergétique sera de plus en plus une absurdité. Le colza possède un petit avantage, par son utilisation mixte. »
Composé à 60 % de protéines et 40 % d'huile, le colza voit ses deux constituants prendre des chemins différents en termes de valeur marchande. « En 2011, le prix de la graine était constitué à 75 % par l'huile, 25 % la protéine, a signalé Michel Boucly. En 2015, l'huile en représentera 55 %, la protéine 45 %. L'huile est en train de perdre de la valeur quand la protéine en gagne. » Tirée par la consommation de viande, la protéine végétale semble vouer à se renchérir. La situation est différente pour l'huile. « La demande mondiale en huile va continuer à croître jusqu'en 2020, a estimé Michel Boucly. Puis, ça deviendra un produit abondant sur la planète. »
DuPont lance cette semaine une solution de biocontrôle avec l'objectif de conquérir un tiers du marché fongicide sur colza d'ici à deux ou trois ans. La France est le premier pays où démarre la commercialisation du mélange, qui allie microorganisme d'origine naturelle et produit de synthèse à demi dose d'homologation. Avec cette protection contre le sclérotinia, le groupe américain d'agrochimie vise 200 000 ha en 2014-15 puis 500 000 ha à l'horizon 2016-17, sur un total de 1,5 M ha de colza. « C'est la première solution biocontrôle de cette taille », a souligné le 24 novembre Jean-Marc Saurel, chef produits. Elle est annoncée comme procurant un niveau de rendement et de protection équivalents aux standards du marché, sans être plus chère. « L'homologation est sortie en un temps record », a précisé Ronan Goff, DG protection des cultures France & Bénélux. Cela prend même de vitesse l'Angleterre, où les distributeurs s'en retrouvent « jaloux », d'après lui. « La France constitue un marché test, a-t-il ajouté. D'autres pays, comme le Brésil, expriment une vraie attente par rapport au biocontrôle. » DuPont voit ce segment atteindre 10 % du marché de la protection des plantes d'ici à cinq ou dix ans.