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France/Pays-Bas Durabilité de l’alimentation, les jeunes talents lancent des pistes

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Pour sa quatrième édition, « la rencontre des jeunes talents », les 10 et 11 octobre à l’université de Wageningen aux Pays-Bas, a permis aux décideurs de demain d’échanger activement autour du thème « Manque de nourriture dans le monde : repenser les solutions, et reconstruire le futur ». Un panel de jeunes responsables de secteurs allant de l’agriculture, à l’art en passant par la politique, le secteur privé ou la recherche ont ainsi tenté de tracer les grandes lignes des actions à mener pour nourrir 7 à 11 milliards de personnes d’ici 2050, mais de façon durable.

La coopération franco-néerlandaise s’est renforcée les 10 et 11 octobre à Wageningen. « Les jeunes talents », un panel hétéroclite de spécialistes des deux pays, y ont discuté de la durabilité de l’alimentation mondiale. Rappelant qu’en Europe l’Inra était le premier partenaire de l’université de Wageningen, concentrant la recherche agricole néerlandaise, son recteur, Martin Kropff, a déclaré que « le manque de nourriture dans le monde est et sera le sujet numéro un des préoccupations des États dans le futur, et particulièrement dans les pays en développement ». Cette rencontre donnant lieu à une série de réunions de travail sur trois thèmes : production et durabilité, accès à l’alimentation, et gaspillage, les « jeunes talents » ont tracé les grandes lignes de ce que devrait être le système alimentaire mondiale de demain.
 
Une diversité de systèmes interdépendants
Les systèmes de production alimentaire de demain devront tenir compte des diversités de chaque agriculture par une approche ascendante, ont conclu les « jeunes talents » du groupe « production et durabilité ». Pour maintenir ces différents systèmes alimentaires, et les protéger localement, ils ont proposé la création de politiques régionales permettant de combiner protectionnisme et libéralisme. Le groupe propose ainsi d’impliquer dans ces discussions les organisations de producteurs agricoles, la recherche, les gouvernements, le secteur privé, mais aussi l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Si l’OMC prévoit déjà la mise en place de traitements spéciaux et différenciés, permettant aux pays de protéger, par des barrières douanières notamment, des productions jugées stratégiques pour leur sécurité alimentaire, cela ne satisfait pas les jeunes talents. Ils ont une vision plus globale du sujet, qui prend en compte la durabilité des productions. Pour cela, les propositions prônent une meilleure utilisation des ressources locales, et une sensibilisation des populations, dès l’enfance, sur les origines de leur alimentation.
 
Réguler l’accès à l’alimentation au niveau mondial
En ce qui concerne la distribution de l’alimentation sur la planète, autrement dit son accès, les jeunes talents ont proposé une régulation basée sur la science. Il serait alors question de calculer la bio-capacité des milieux à produire de la nourriture, et ensuite, par un système de taxes sur les exportations et d’aides aux importations, géré par la FAO par exemple, de réguler les inégalités géographiques. Le système de calcul de bio-capacité serait déjà utilisé en Suisse, et des référence existent donc. Un croisement de la science et de la finance qui, outre la FAO, aurait besoin du soutien du G20, de la société civile et de lobbyistes, selon les « jeunes talents ». Sur ce sujet, ils se sont d’ailleurs engagés à rédiger prochainement une lettre ouverte à destination des autorités bruxelloises, pour les inviter à discuter de cette idée.
 
Raccourcir les circuits et sensibiliser contre le gaspillage
D’autre part, le groupe ayant traité du gaspillage souhaite de son côté une plus forte sensibilisation des populations au respect des produits alimentaires. Ceci passerait par la diffusion d’informations et l’éducation, faisant appel pour cela aux supermarchés et aux décideurs politiques. Les jeunes talents souhaiteraient aussi une re-localisation des marchés alimentaires, ainsi qu’une réduction des étapes dans la chaîne de production. Des objectifs ambitieux, qui pourraient paraître naïfs, mais comme l’a indiqué Christian Huygues, directeur scientifique de l’Inra, en conclusion du colloque à l’adresse des jeunes talents, « soyez naïfs tant que vous êtes jeunes ». Il soulignait ainsi l’intérêt de ces rencontres, qui ont permis aux décideurs de demain de réfléchir hors des cadres du quotidien, de former un réseau et de croiser leurs disciplines. Une restitution de ces travaux sera d’ailleurs présentée à Paris le 14 décembre prochain.

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