Modifier les rapports entre industriels de l’agroalimentaire et producteurs agricoles est à peu près aussi difficile que d’assainir les rapports industrie-distribution. Ce que la LME ne réussit toujours pas – à preuve les neuf enseignes qui ont été assignées par le gouvernement et la première condamnation du groupe Auchan – la loi de modernisation agricole (LMA) y parviendra-t-elle ? Votée il y a plus d’un an, avec pour maître-mot la contractualisation, elle devait notamment obliger la filière laitière à anticiper dès cette campagne ouverte en avril la fin des quotas prévue en 2015. Autrement dit faire l’apprentissage d’un autre modèle, sans gestion administrative des volumes à produire, et apprendre aux partenaires à négocier pour trouver des engagements mutuels gagnant-gagnant. Pas sans garde-fous, sans doute, puisque le ministère de l’Agriculture a préparé un décret à sortir après l’adoption du paquet lait à Bruxelles. Il n’empêche, le sentiment prévaut que la partie ne sera pas égale entre industriels et éleveurs et que la pression de grands groupes qui imposent un délai trop proche pour conclure ne présage rien de bon. Pas plus que leur préférence pour des contrats négociés individuellement plutôt qu’avec des organisations de producteurs. D’où la consigne de la Fnsea de « ne pas confondre vitesse et précipitation », mais aussi la vigilance du Bruno Le Maire pour qui il n’est « pas question de pause dans le processus de contractualisation ». Mais là où il se félicite d’observer enfin « une dynamique », il se pourrait qu’il y ait plus d’un bâton de dynamite.
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