C’est sans doute avec soulagement que le monde agricole devrait voir l’Assemblée nationale adopter le projet de loi sur l’eau. D’une part, ce projet, après de nombreuses péripéties, ne contient plus de dispositions extrêmement contraignantes pour les agriculteurs. D’autre part, bon nombre d’agriculteurs sont sans doute soulagés de voir ce texte adopté sans attendre les futures échéances électorales, qui pourraient mener au pouvoir une majorité plus sensible aux contraintes environnementales.
Il ne faudra pas croire pour autant que la question de l’eau sera épuisée par le vote de cette loi. Ni par une saison plutôt pluvieuse qui pourrait, cette année, atténuer les problèmes de sécheresse.
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Le problème de l’eau en agriculture restera entier pendant de nombreuses années. Il est sans doute la principale occasion de conflit, s’il y en a, entre le monde des citadins et celui des agriculteurs. L’UFC-Que Choisir avait fait grand bruit, l’été 2005 en posant abruptement le problème. Ni elle ni les organisations gouvernementales ne comptent baisser les bras. Un débat citadins-paysans devrait être mené, tant en ce qui concerne les questions quantitatives et les problèmes qualitatifs. Et au-delà des agriculteurs, ce sont les entreprises d’agrofournitures qui doivent être parties prenantes à ce débat.
Le problème est français mais il se pose bien plus gravement dans les autres régions de la planète. Dans les pays du Sud, la part de l’agriculture dans les prélèvements de la ressource aquatique est nettement plus élevée. En Israël, on s’est, semble-t-il, longtemps interrogé sur l’agriculture qui contribuait pour deux ou trois pourcents du PIB alors qu’elle ponctionnait 80 % des ressources en eau. On n’en est pas là en France. Mais faudra-t-il un jour choisir les cultures en fonction de leurs besoins en eau ?