Rôle de la recherche, soutien du secteur agricole, outils de gestion des risques : les ministres de l’agriculture de l’UE et deux commissaires européens seront appelés à débattre du changement climatique et de la gestion des ressources en eau lors d’une réunion informelle du 21 au 23 mai à Malte.
Les défis du changement climatique et des ressources en eau dans l’UE : tel est le thème de la réunion informelle des ministres de l’agriculture des Vingt-huit qui se tient à Malte du 21 au 23 mai et à laquelle participent les commissaires européens à l’agriculture Phil Hogan et à l’environnement Karmenu Vella, dont les services travaillent actuellement en commun sur la gestion durable de l’eau.
Dans un document destiné à alimenter la discussion, la présidence maltaise du Conseil souligne la nécessité, face à ces défis, de renforcer le rôle de la recherche et d’assurer une meilleure gestion de la demande en eau, mais aussi de réviser s’il y a lieu les obligations auxquelles sont soumis actuellement les agriculteurs, de prévoir des soutiens pour qu’ils adaptent leurs pratiques et de développer les outils de gestion des risques.
Recherche et gestion innovante de l’eau
L’effort de recherche, innovation et partage des connaissances doit être amplifié pour couvrir plus globalement « l’impact du changement climatique et des ressources en eau », estime la présidence maltaise, mettant en garde contre « les considérations économiques et financières (qui) aboutiraient à donner la priorité à des stratégies plus limitées ou isolées et feraient peser le risque d’échec le plus élevé ». « La première étape devrait être d’avoir une évaluation des disponibilités en eau », précise-elle.
Le document de travail propose, dans ce contexte, une « gestion innovante et intégrée des ressources en eau centrée sur la demande » : participation des utilisateurs aux projets, contrôles, méthodes d’irrigation efficaces, recours aux ressources « non conventionnelles » (eaux recyclées et salines), etc.
Soutiens et révision éventuelle des obligations
La seule initiative des agriculteurs pour intensifier la résilience « n’est probablement pas suffisante pour mener les actions souhaitables », affirme la présidence du Conseil dans son document de huit pages. Les politiques nationales et de l’UE doivent être renforcées, ce qui pourrait nécessiter « l’identification des obligations qui sont actuellement mises en œuvre et devraient éventuellement être remaniées de façon à encourager l’édification de communautés agricoles résilientes ».
Mais, poursuit le document de travail, il sera aussi « important pour les décideurs de s’assurer que les agriculteurs aient accès à des paquets de soutien flexibles afin de les aider à s’adapter aux conséquences des changements climatiques et aux problèmes d’approvisionnement en eau, et les atténuer ».
Résilience et gestion des risques
Enfin, souligne la présidence maltaise, « la résilience demande aussi des initiatives renforcées en matière de gestion des risques » pour l’agriculture.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le secteur financier devrait ainsi « développer des instruments tels que les "obligations catastrophes" ou des critères d’assurance tels que les "indices de vulnérabilité" qui évaluent le risque individuel des exploitations et fournit le degré de couverture approprié », souligne-t-elle. Avec, dans le même temps, une politique de soutien pour « trouver un équilibre entre la dépense croissante auquel l’agriculteur est confronté, la compétitivité du secteur et l’impact inflationniste sur le consommateur ».
(1) Voir n° 3595 du 15/05/17
Phil Hogan : « J’ai pris l’initiative… »
« J’ai pris l’initiative de commencer à travailler sur la gestion durable de l’eau pour l’agriculture de l’UE », a déclaré Phil Hogan lors d’une conférence organisée le 11 mai à Bruxelles par le Bureau européen de l’environnement et Birdlife (1). « J’ai mis sur pied avec mon collègue, le commissaire à l’environnement Karmenu Vella, une task force pour développer une collaboration à long terme entre les différents services de la Commission », a expliqué le commissaire à l’agriculture. « Nous travaillons pour une meilleure mise en œuvre de la législation actuelle sur l’eau, de meilleurs investissements dans les infrastructures d’eau ainsi que pour la diffusion des connaissances afin d’améliorer l’utilisation durable de cette ressource dans le secteur », a-t-il précisé.
Un des stress hydriques les plus élevés au monde
« Les niveaux de stress hydrique » à Malte sont « parmi les plus élevés du monde », relève la Commission européenne. Selon elle, « l’approvisionnement en eau et la pollution diffuse de l’eau par l’agriculture sont des questions critiques » pour cet État membre, « à la fois aujourd’hui et pour le futur, surtout dans le contexte du changement climatique et des défis et pressions démographiques ».
Malte est le plus petit pays de l’UE, couvrant 316 km2, dont 110 km2 sont des surfaces agricoles et 91 % sont classifiés comme zones rurales. Ces dernières abritent 64 % de la population qui atteint au total à 430 000 personnes.
Le secteur agricole représente 1,7 % de l’économie nationale, soit la moyenne de l’UE, et 2,9 % de l’emploi, contre 5,1 % pour l’UE. Les 9 370 exploitations agricoles ont une superficie moyenne de 1,2 ha, la plus faible de l’UE (14,4 ha).
Sur la période 2014-2020, l’enveloppe budgétaire de l’Union pour l’agriculture et les zones rurales maltaises atteint 134 millions €. 6 070 exploitants reçoivent des paiements directs pour un montant annuel global de 5,2 Mio € (chiffre de 2014).