Quelque 1 500 à 2 000 personnes ont manifesté le 4 mars à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres) pour protester contre le projet de création de 19 bassines permettant le stockage d’eau pour l’agriculture, dans le Marais poitevin et le bassin de la Sèvre niortaise, a-t-on appris auprès de sources concordantes. Un « Apéro’eau » a, lui, réuni 150 à 200 participants, selon les défenseurs de ces réserves de substitution.
« L’enjeu est emblématique pour le marais poitevin mais il faut voir cela à l’échelle du Poitou-Charentes qui compte 120 à 200 projets de bassines. C’est la bataille contre une agriculture intensive, très gourmande en eau avec notamment la culture du maïs irrigué l’été, qui met en péril l’environnement », a indiqué le 4 mars l’un des participants à la manifestation. Autre grief des organisateurs de la « Marche des Pigouilles », l’eau des bassines ne provient pas des précipitations mais est prélevée dans les nappes phréatiques. La manifestation était organisée par le collectif « Bassines, non merci ! » qui réunit pêcheurs, associations et paysans. Étaient également présents des élus locaux et régionaux, comme le député européen Yannick Jadot (EELV), la députée PS des Deux-Sèvres et ex-ministre de l’Écologie Delphine Batho (PS) et le député de Gironde Loïc Prud’homme (France insoumise). Les manifestants ont symboliquement planté des pigouilles, perches utilisées pour pousser les barques dans le marais poitevin, au port de Mauzé-sur-le-Mignon.
Parallèlement à cette marche, les partisans des bassines se sont retrouvés à Prahecq, à 15 km de Niort, pour proposer au public de visiter une réserve d’eau et souligner qu’il n’était pas question d’irriguer du maïs en monoculture. Ces réserves visent à sécuriser l’élevage et développer des productions comme le soja, selon eux.
Un projet suspendu à la décision de la Région sur le financement
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Le projet, défendu par la Coop de l’eau 79, répond à l’objectif réglementaire d’une baisse de 70 % des prélèvements d’irrigation estivaux à l’horizon 2021. 8,4 M m3 de stockage de l’eau sont envisagés par la réalisation de 19 bassines. « La taille moyenne des ouvrages est de 400 000 m3", indique Thierry Boudaud, vice-président de la coopérative. "Ça correspond au volume d’eau qui s’écoule en 1 h sous les ponts à Niort surplombant la Sèvre Niortaise », calcule-t-il au vu des précipitations cet hiver. La Coop de l’eau 79, fondée en 2011, met en avant les quatre années de concertation sur le projet de bassines. Une quarantaine de structures, dont plusieurs associations de défense de l’environnement, participent au comité de pilotage. « Plusieurs améliorations ont été apportées, notamment le remplissage des bassines à partir d’un certain niveau de la nappe », selon lui.
Le collectif « Bassines, non merci ! » a prévu de se retrouver le 18 mars pour une nouvelle manifestation, près de Poitiers, afin de protester contre 41 projets de bassines dans cette zone. Le projet de 19 réserves de substitution dans le bassin de la Sèvre Niortaise et du Marais poitevin reste, lui, suspendu à la décision de la Région sur un financement de 14 M€, en plus des 28 M€ accordés par l’agence de l’eau. Une première tranche de travaux (autofinancés à 30 %) est prévue à la fin de l’année, sachant que l’arrêté inter-préfectoral est signé, de même que les permis d’aménager sur 15 des 19 communes concernées.
Le démarrage des travaux est prévu fin 2018