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Eau : l’opposition aux « bassines » prend de l’ampleur

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Dans les Deux-Sèvres, la Conf' a manifesté le 22 septembre contre des « méga-bassines ». L’opposition à ces réserves d’eau prend de l’ampleur, au-delà du département. Dans le Tarn, Bérangère Abba a installé le même jour deux médiateurs.

Des centaines d’opposants aux projets de « méga-bassines » ont investi le 22 septembre le chantier d’une de ces réserves d’eau à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres) pour dénoncer un « hold-up sur l’eau », a constaté une journaliste de l’AFP. Ils ont convergé depuis Niort aux cris de « l’eau est un bien commun », à l’appel notamment de la Confédération paysanne (CP) et des collectifs Bassines non merci. « Une bassine, comme celle de Mauzé, c’est en moyenne 8 ha, soit dix terrains de foot. Les seize bassines prévues vont servir 220 exploitants, à peine 4 à 5 % des agriculteurs du bassin niortais, c’est effarant », a déclaré Nicolas Girod, porte-parole de la CP. « La réalité, c’est qu’on assiste à une privatisation de l’eau au profit de quelques-uns et d’un seul modèle agricole ». « Il faut gagner cette bataille ici. C’est une cause nationale », a lancé Julien Le Guet, porte-parole de Bassines non merci, estimant qu’un millier de bassines attendaient d’être construites en France.

Contre un « passage en force » de la FNSEA

L’action du jour est symbolique : stopper pour quelques heures le chantier d’une des seize bassines prévues sur le bassin de la Sèvre niortaise. Une autre manifestation était prévue le 25 septembre à Longré (Charente), contre le projet de neuf bassines sur les bassins de l’Aume et de la Couture. La CP a dénoncé sur ce sujet un « passage en force » de la FNSEA, qui tenait jusqu’au 23 septembre son congrès à Niort. Du côté du syndicat majoritaire, on réclame plus de réserves artificielles d’eau. Au congrès, la présidente des régions de France et de la région Occitanie, Carole Delga, a souligné que sa région était favorable à la « création de nouvelles retenues quand nécessaire ».

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Bérangère Abba, secrétaire d’État à la Biodiversité, a reçu le 22 septembre les deux médiateurs, désignés conjointement par les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture, « pour accompagner l’aboutissement du projet de territoire du bassin versant du Tescou (Tarn) » : Claude Gitton, membre du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) et Alain Joly, du CGAAER (Alimentation, Agriculture). Leur mission, prévue sur un an, vise la « poursuite de l’élaboration du projet de territoire pour la gestion de l’eau dans une phase plus opérationnelle », selon le communiqué. Elle doit veiller notamment à la « qualité et permanence du dialogue et des échanges entre tous les acteurs concernés », au « bon fonctionnement des instances de gouvernance », à une « restitution régulière de l’évolution du projet, avec mise en évidence des avancées ou de points de blocage » que les deux médiateurs sont chargés de lever.

« Une privatisation de l’eau au profit de quelques-uns »