La préfecture des Deux-Sèvres a interdit le 24 octobre les manifestations le week-end du 29 et 30 octobre à Sainte-Soline, où prévoient de se rassembler des opposants à un projet de réserve d'eau de substitution pour l'irrigation agricole, parmi lesquels la Confédération paysanne et le collectif « Bassines Non Merci » (BNM). Trois jours plus tard, la préfecture a également proscrit la circulation de personnes venues de l’extérieure de ce secteur du département. Le même jour, un référé liberté a été déposé par le BNM auprès du tribunal de Poitiers afin de contester l’interdiction de manifester. Ce secteur du Marais poitevin est au cœur d'une bataille de l'eau entre des agriculteurs et une cinquantaine d'associations environnementales, d'organisations syndicales et de groupes anticapitalistes.
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Dans une lettre ouverte envoyée le 25 octobre au ministre de l’Intérieur et au ministre de l’Agriculture, Bernard Lannes, président de la Coordination rurale (CR), a demandé au gouvernement de mettre en place « des mesures nécessaires de protection du site de Sainte-Soline », où elle présage de la « vandalisation » et de la « violence », là où les opposants évoquent une manifestation familiale. « L’indépendance alimentaire de la France ne se fera pas sans eau quoi qu’en pensent nos accusateurs », conclut le syndicat. « Loin de viser les irrigants en général, nous visons le système agro-industriel qui n’assure pas notre souveraineté alimentaire », soutient le collectif Bassines non merci à Agra Presse en réaction à la lettre ouverte envoyée par la CR. Et d’ajouter que le mouvement n’a pas pour « objectif de stigmatiser les agriculteurs ». Elle rappelle par ailleurs ne pas être « contre l'irrigation » mais considérer qu’il faut « réfléchir » aux cultures auxquelles « destiner l'eau devenue si précieuse ».