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Conseil agricole Echanges musclés entre Européens sur les négociations agricoles internationales

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La réunion des ministres de l’Agriculture des Vingt-Cinq, le 24 mai à Bruxelles, a été l’occasion pour la France de dénoncer, une fois encore, les concessions faites par la Commission européenne à l’OMC et dans les négociations agricoles avec le Mercosur.

Le déjeuner des ministres de l’Agriculture de l’Union européenne, lors du Conseil agricole du 24 mai, a été animé. Au menu : des discussions sur la stratégie adoptée par la Commission européenne dans les négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et sur les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) et le Chili.

Soutenu, selon lui, par un petit tiers des délégations qui se sont exprimées – une quinzaine –, Hervé Gaymard, le ministre de l’Agriculture français a estimé que la Commission européenne avait outrepassé son mandat de négociations en proposant aux pays du Mercosur d’ouvrir le marché communautaire à une série de produits agricoles ou agroalimentaires. De même, il a remarqué que la dernière initiative de Bruxelles à l’OMC –la proposition de supprimer toutes les subventions à l’exportation – n’avait amené aucun des partenaires de l’UE à « bouger », qu’il s’agisse des États-Unis ou des autres grands exportateurs. Hervé Gaymard estime que seul un « petit tiers » des Etats membres soutient les commissaires Lamy et Fischler dans leur stratégie. Les autres pays auraient adopté une position « attentiste».

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« Parfaitement équilibré »

Résultat, les vingt-cinq ministres de l’Agriculture, réunis officiellement pour la première fois, n’ont pas pu s’entendre sur une déclaration commune soulignant que les négociations Mercosur ou OMC étaient sur la bonne voie, se contente d’indiquer un communiqué de presse publié à l’issue du Conseil.

Pour sa part, le commissaire européen à l’Agriculture a défendu sa position d’offre améliorée présentée aux pays du Mercosur. « La politique agricole commune n’est en aucune manière remise en cause par cette offre » qu’il juge « parfaitement équilibrée », a répliqué Franz Fischler, même s’il reconnaît son caractère « ambitieux et substantiel ». Selon ses chiffres, l’Europe libéraliserait 87 % des exportations agricoles du Mercosur vers l’UE et la quasi-totalité d’entre elles bénéficieraient soit d’une exemption de droits de douane soit d’un traitement préférentiel. A ses yeux, la balle est donc dans le camp des partenaires de la négociation qui doivent faire une offre également ambitieuse. Et de ce point de vue, « nous n’avons pas eu beaucoup de réponses du Mercosur», a-t-il regretté tout en gardant l’espoir de « boucler les négociations au mois d’octobre».