Les industriels réunis au sein de l’Ania ont été les premiers à dégainer en recevant devant 160 d’entre eux leur ministre de tutelle Guillaume Garot, fin septembre. Le rôle de garde-fou dévolu à la loi de modernisation de l’économie pour mieux équilibrer les relations entre la distribution et ses fournisseurs leur paraît avoir fait long feu. Elle surtout largement déçu les espoirs placés en elle, lors de sa création en 2008. La grande distribution agit toujours aussi impunément et continue d’étrangler ses fournisseurs, dénoncent les industriels. Une accusation que récuse fermement la Fédération des distributeurs qui juge « dangereux » de remettre en cause une loi qui a  « permis une maîtrise de l’inflation des produits alimentaires ». Un constat que personne ne conteste, tous les acteurs de la filière alimentaire s’accordant pour dire que la législation, bien avant que la LME ne voie le jour, a toujours protégé le consommateur au nom de la lutte contre l’inflation. Un dogme que le ministre délégué aux industries alimentaires ne semble pas vouloir remettre en cause. S’il reconnaît qu’il faut « mieux répartir la valeur ajoutée tout au long de la chaîne alimentaire », il entend « protéger » le pouvoir d'achat des consommateurs. Plus consensuel, Serge Papin dessine des pistes qui permettraient de moduler les efforts demandés à chacun, sans léser et mettre trop en danger les plus faibles. Toutes ces déclarations des uns et des autres ne constituent qu’un échauffement, non pas en vue de la table ronde à laquelle Guillaume Garot veut les convier, mais bien aux négociations commerciales annuelles. Le ton est donné et le « climat plus serein et équilibré » que l’Ania appelle de ses vœux ne sera peut-être pas au rendez-vous.

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