La tension est extrême sur le dossier du prix du lait. Les producteurs accroissent leur pression, les industriels sont sur la sellette et des grandes surfaces qui ont été la cible des manifestants commencent à porter plainte contre ces exactions. Le gouvernement presse donc chacun d’y mettre du sien mais ses médiateurs ont essuyé deux échecs en six jours au point que Michel Barnier a convoqué aussitôt les présidents des trois familles de l’interprofession au ministère de l’Agriculture. Il ne s’agit pas que le Cniel explose en plein vol et qu’à la veille du scrutin pour les européennes une de ses têtes de liste soit mise en cause sur une question aussi directement liée à la politique communautaire. En d’autres temps, il serait peut-être possible de forcer les parties à s’entendre. Là il s’agit pour les gouvernants français d’éteindre l’incendie alors qu’ils ont été étonnamment solidaires des décisions de dérégulation prises à Bruxelles depuis des années, et qu’ils ont ajouté de l’huile sur le feu à travers l’injonction de Bercy à l’encontre des recommandations du Cniel. Mission impossible même si, au dernier round, les négociateurs ont pourtant ramené leurs divergences à quelque 23 centimes. La marge de manoeuvre des politiques apparaît quasi nulle, même s’ils inventent un nouveau plan d’accompagnement pour les producteurs les plus fragiles.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.