Les familles de l’interprofession laitière qui se sont réunies le 28 mai pour tenter de trouver une sortie de crise se sont quittées sur un échec. La discussion sur un prix de base moyen du lait pour l’année 2009 n’a pas abouti. Les industriels privés et coopératifs sont restés sur leur première proposition, avec un prix à 267 euros/1000 litres et n’ont pas « bougé ». La FNPL, pour sa part, est entrée dans la négociation avec une proposition à 290 euros/1000 litres après avoir annoncé 305 euros/1000 litres. « Une réunion de la dernière chance » est fixée au mardi 2 juin. L’échéance ultime est fixée au 5 juin.
Surpris et choqués. Les producteurs de lait de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) avaient l’air sombre à l’issue de la réunion de l’interprofession laitière du 28 mai qui a duré cinq heures. Elle a réuni les trois familles de l’interprofession (producteurs industriels privés et coopératifs), la FNPL et les deux médiateurs, Philippe de Guénin, directeur régional de l’alimentation et de l’agriculture des Pays de Loire, et Pierre Lepetit, inspecteur général des finances.
« On est coincés », résume Henri Brichart, le président de l’interprofession laitière et de la FNPL lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion interprofessionnelle. La question du prix du lait de base payé au producteur sur l’année 2009 a fait capoter cinq heures de discussion. Les médiateurs n’ont pas proposé de chiffrage. Ce sont les syndicats qui se sont donc « lancés ».
Pas d’avancées des industriels
La FNPL a fait une « avancée », raconte Henri Brichart. Ayant depuis quelques semaines plaidé pour un prix de base moyen à 305 euros/1000 litres, la FNPL a proposé, pour faire avancer les discussions, 290 euros/1000 litres. Les industriels privés et coopératifs sont restés sur leur première proposition à 267 euros/1000 litres explique la FNPL. « On s’attendait à ce qu’ils entrent dans la négociation, ils ne l’ont pas fait. Ils n’ont pas bougé du tout », ajoute Henri Brichart, qui se dit « étonné » de cette attitude d’autant que si un accord sur le prix moyen à l’année est obtenu, la déclinaison mensuelle sera « facile », explique la FNPL. Sur le papier – les industriels n’ont pas fait de conférence de presse –, la FNCL et la FNIL se veulent optimistes : « D’ores et déjà, on peut dire que les deux tiers du chemin ont été parcourus », assurent les coopératives laitières. « Tout doit être mis en œuvre pour surmonter les dernières difficultés mardi prochain. La FNCL s’y emploiera », conclut le syndicat.
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Du côté des industriels privés, la Fnil « veut cependant rappeler qu’aucune solution durable ne pourra se faire jour en dehors des réalités économiques ». « Le prix du lait doit à la fois permettre une juste valorisation pour les producteurs et ne pas constituer un handicap pour les entreprises dans un environnement de plus en plus concurrentiel », conclut la fédération.
Le rôle du Cniel « clarifié »
« La situation est d’une extrême gravité sur le terrain », prévient le président du syndicat, qui craint de ne plus avoir les moyens de tenir ses troupes. Pour la FNPL, il faut maintenir la pression d’ici mardi 2 juin, date de « la réunion de la dernière chance ». Cette attitude des industriels est d’autant plus surprenante, selon la FNPL, que les médiateurs présents à la réunion avaient mis dans la balance deux points qui « intéressaient les transformateurs ». L’interprofession nationale (Cniel) retrouve sa « capacité à donner des indices de prix et n’est plus cantonnée au seul rôle d’éclaireur des marchés », souligne Henri Brichart. « Les pouvoirs publics ont clarifié le rôle du Cniel », avance-t-il. À ce titre, les trois familles de l’interprofession se sont mises d’accord sur « trois formules d’indicateurs de prix ». En clair, si l’interprofession arrive à un accord mardi 2 juin, elle donnera trois indicateurs de prix selon les différents « types » d’entreprises en fonction de leur « mix-produit » et de leur dépendance aux produits industriels (beurre et poudre). Deuxième point enteriné : la nécessité pour l’interprofession d’ici le 31 décembre 2009 de formaliser « un accord sur un cadre général de contractualisation entre les producteurs et les industriels ». C’est un point positif pour la FNCL. Bien que les discussions sur le court terme soient délicates, la FNCL constate que les bases pour la construction d’une contractualisation rénovée entre producteurs et transformateurs sont en train d’être trouvées ».