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Philippe Choquet, directeur général d’Unilasalle Ecoles vétérinaires : « Notre objectif, c’est la diversité »

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Unilasalle a ouvert à la rentrée 2022 la première école vétérinaire privée en France et accueille 120 étudiants post-bac en classe préparatoire intégrée sur son campus de Rouen. L’ambition de l’école est de former en majorité des vétérinaires qui exerceront auprès des animaux d’élevage en diversifiant les profils des jeunes recrutés, explique son directeur général, Philippe Choquet.

Pourquoi avez-vous fait le choix de recruter vos étudiants dès la sortie du baccalauréat ?

On observe depuis plus de vingt ans la désertification vétérinaire en zone rurale. Quand nous avons commencé à travailler sur le projet (d’école vétérinaire, ndlr) dans les années 2010, nous étions motivés par cette problématique. Entre-temps, la situation n’a fait que s’aggraver malgré les flux des écoles nationales vétérinaires et l’augmentation des vétérinaires formés à l’étranger. Notre questionnement était : qu’est-ce qui pourrait permettre que davantage de jeunes s’installent en rurale ? Dès le départ, nous avons identifié le caractère discriminant des classes préparatoires pour passer le concours, non pas par rapport à l’intelligence mais par rapport au lycée d’origine. Si vous n’êtes pas dans une bonne prépa, vous avez très peu de chance d’intégrer une école vétérinaire.

En tant qu’école d’ingénieur, nous avons toujours pratiqué le recrutement post bac avec une forte notoriété auprès des lycées de zone rurale où est inscrit l’essentiel des enfants d’agriculteurs. Nous espérons, avec notre recrutement post-bac, amoindrir le décalage entre jeunes issus de zones rurales et jeunes issus de zones plus urbaines.

Nous faisons le pari d’aller chercher davantage les jeunes issus de zone rurale, naturellement plus enclins à travailler avec des animaux de rente. Les jeunes issus de milieu urbain vont voir le caractère bucolique du travail à la campagne, mais ce n’est pas sûr qu’ils y restent dans la durée.

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Sur quels critères les étudiants sont-ils recrutés ?

Nous avons mis en place un concours pour les étudiants qui candidatent chez nous, avec un système qui n’est pas basé que sur le dossier académique. Le dossier fait que nous les convoquons ou non au concours. Lorsqu’ils viennent au concours tout est remis à zéro et les quatre épreuves du concours déterminent s’ils intègrent l’école. Nous recherchons vraiment la motivation, la personnalité pour faire un bon vétérinaire. Notre objectif, c’est la diversité dans les écoles.

Une fois qu’ils ont intégré la formation, comment inciter les jeunes à s’installer en médecine vétérinaire rurale ?

Nous nous sommes calés sur le modèle dominant en Europe en cinq ans d’études (contre six habituellement en France, ndlr). Cela permet, de manière très précoce, de faire des stages d’immersion dans des exploitations avec des animaux de rente, dans un abattoir… Nous allons leur faire faire un maximum de stages et de pratique.

La réglementation fait que, quand vous êtes diplômés vétérinaires, vous savez tout faire. Nous ne pouvons pas former des vétérinaires seulement sur les animaux de rente et les obliger à travailler en zone rurale. Nous ne pouvons qu’essayer de leur donner goût à ça et d’avoir un public diversifié dont on espère qu’il sera motivé pour aller en rural.

Le caractère discriminant des classes préparatoires

Stages d’immersion dans des exploitations