Le propos mérite d’être noté : réagissant au vote du paquet phytos par le Parlement européen, le président de la FNSEA Jean-Michel Lemétayer a « salué » la décision des eurodéputés. Il y voit surtout l’effort d’harmonisation européenne en matière de réglementation sur les phytos. Et aussi la réussite de la France à peu ou prou exporter son Grenelle de l’environnement.
Personne n’aurait cru, il y a encore quelques mois, qu’un syndicaliste agricole aurait salué la naissance d’une législation visant à réduire le nombre de molécules utilisables par les exploitants. Le fait que les organisations agricoles aient pris acte, avec plus ou moins de réserves, certes, du plan de réduction Eco Phytos 2018 va aussi dans le même sens. Il y a un état d’esprit, aujourd’hui, dans les milieux professionnels, à accepter la remise en cause de certains savoir-faire au nom de l’écologie. N’en déplaise à certains collectifs qui font un peu trop vite croire que, dépourvue de certains produits chimiques, telle ou telle production est condamnée.
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Un tel état d’esprit ne s’est pas installé sans effort. Il est le fruit du travail de responsables politiques et syndicaux qui ont préféré discuter que s’affronter. Parmi les politiques figure notamment Nathalie Kosciusko Morizet, jusqu’à ces derniers jours secrétaire d’Etat chargée de l’écologie. C’est elle qui, en grande partie, s’est chargée du dossier agricole, allant au contact des organisations professionnelles, dialoguant sans concession (notamment sur le front des OGM), mais sans dogmatisme.
Il est d’autant plus dommage de la voir reléguée à un poste (la prospective et l’économie numérique) qu’elle ne semblait pas désirer. Un poste dont la généralité des enjeux lui fera perdre sans doute de ce qui a fait sa force, la compétence écologique.