L’UFC Que-Choisir et quatre associations de défense de l’environnement ont adressé le 24 février une lettre ouverte aux présidents des groupes parlementaires afin de les enjoindre de ne pas s’opposer au vote de la Charte de l’environnement. La Charte doit être soumise au vote des députés et des sénateurs le 28 février à Versailles.
C’est le 28 février que la Charte de l’environnement doit être examinée par le Parlement réuni à Versailles, en même temps que la révision constitutionnelle préalable au référendum sur la Constitution européenne. Alors qu’une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés est nécessaire pour valider le texte, les consignes de vote des différents partis politiques ne sont pas encore toutes connues. Et c’est là que le bât blesse. Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, n’a pas caché que la religion du PS n’était pas faite sur le sujet. Mieux – ou pire –, il ajoute que « si les socialistes disent non, je peux vous dire que cette charte ne passera pas et c’est le Président de la République qui en portera seul la responsabilité». Pour mémoire, les députés socialistes se sont abstenus lors du vote du texte en première lecture au Palais Bourbon, et les sénateurs ont voté contre.
Les socialistes en ligne de mire
Ces propos ont déclenché la colère de l’Union fédérale des consommateurs Que-Choisir et de France Nature Environnement. Le 23 février, les deux fédérations publient un communiqué intitulé « Les socialistes vont-ils se tromper de cible ? », dans lequel elles dénoncent « l’inconséquence d’un tel positionnement », estimant que « aucune des faiblesses de la rédaction de la Charte et des regrets qu’elle laisse ne peut aujourd’hui justifier son sabotage ». Jointe au téléphone après la diffusion du communiqué, Claude Roiron, secrétaire nationale à l’Agriculture et au Développement durable au PS, a précisé que la ligne du parti ne serait définie que le 28 février au matin. D’ici là, les associations n’entendent pas rester inactives. Avec les Amis de la Terre, Greenpeace et WWF, l’UFC et FNE ont envoyé le 24 février une lettre ouverte aux présidents des groupes parlementaires. Dans un style beaucoup plus polissé, les cinq associations soulignent que les dispositions de la Charte « sont de nature à consacrer une avancée marquante pour la protection de l’environnement et la qualité de vie ». Elles ajoutent que « le projet de charte ne saurait être attribué à la seule initiative du Président de la République » et « répond à une attente de plusieurs décennies de la part des associations ». Le collectif conclut que « la charte ne peut s’apprécier sous l’angle d’une banale conjoncture politique ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Yann Wehrling, le secrétaire national des Verts, a pour sa part indiqué le 22 février que les parlementaires Verts voteront la Charte de l’Environnement.