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OGM Ecologistes et consommateurs veulent un cercle d’expertise socio-économique

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La mission d’information parlementaire sur les OGM poursuit ses auditions publiques. Entendues le 25 janvier, les organisations de défense de l’environnement et de consommateurs ont plaidé pour un dispositif d’évaluation qui dépasse le strict cadre scientifique. Comme la semaine précédente, le débat sur les impacts potentiels des OGM s’est enlisé.

L’idée circule depuis des années, mais n’a jamais vu le jour : celle d’un cercle d’évaluation chargé d’évaluer l’intérêt socio-économique des organismes génétiquement modifiés, en complément de l’évaluation strictement scientifique. Ce second cercle d’expertise, chargé d’éclairer les responsables politiques en amont des autorisations, a été à nouveau demandé le 25 janvier par les organisations de défense de l’environnement et de consommateurs, lors de leur audition par la mission d’information sur « les enjeux de essais et de l’utilisation des OGM ». C’est d’ailleurs Christian Ménard (UMP, Finistère), le rapporteur de la mission, qui a lui-même relancé cette idée lors de ses questions aux responsables associatifs.

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Jean-Yves Le Déaut pris à parti

Ecologistes et consommateurs n’ont d’ailleurs pas eu un positionnement tout à fait analogue sur le dossier OGM. Certes, dans leur ensemble, les associations se sont montrées sceptiques à l’égard des plantes transgéniques, dénonçant le manque d’études sur les risques sanitaires et environnementaux, et souhaitant que l’étiquetage soit étendu aux produits issus d’animaux ayant été nourris avec des OGM. Le discours des environnementalistes a été particulièrement musclé. Les débats furent parfois animés, à l’image du représentant de l’association Attac, Dominique Mourlane, qui s’en est pris directement à Jean-Yves Le Déaut – le président de la mission – en l’accusant d’avoir pris des positions pro-OGM dans une interview donnée en octobre dernier, ce que celui-ci réfuta. Le débat tourna à plusieurs reprises à l’incompréhension mutuelle, voire au dialogue de sourds, quand il s’est agi d’évoquer les impacts négatifs des OGM sur l’environnement. D’un côté les députés demandaient aux responsables écologistes des preuves scientifiques de leurs affirmations, de l’autre ceux-ci renvoyaient de manière plus ou moins précise à des études, dont les références « vous seront transmises ». Lylian Le Goff, le représentant France Nature Environnement, répondit également que la preuve de l’innocuité devait être fournie par les promoteurs des OGM eux-mêmes. Visiblement frustrés par les réponses, les députés ont semblé s’enfermer dans leur propre jeu : demander des preuves scientifiques, sans être pour autant capables de juger de la validité ou de la pertinence des références évoquées par les associations. Il est étonnant qu’après avoir auditionné ces derniers mois les scientifiques spécialistes du dossier, les parlementaires aient si peu de recul sur l’état de l’art. L’audition des filières agricoles pro-OGM, la semaine précédente, avait d’ailleurs été du même acabit.