Les résultats par région de la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation, diffusés le 5 juillet, révèlent de fortes disparités selon les territoires. Comme on pouvait s’y attendre, dans l’ensemble, les régions de productions végétales s’en tirent mieux que celles à dominante productions animales. Des nuances sont cependant à noter, au regard de l’interaction de causes multiples, économiques certes, mais également politiques.
La crise agricole de 2015 n’aura pas touché tous les territoires avec le même impact. Tel est le constat qui ressort des chiffres régionaux communiqués par la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation le 5 juillet. Si les prix ont joué un rôle évident dans les résultats finaux, d’autres facteurs, tels que les volumes de production, le prix des consommations intermédiaires, où les répartitions des subventions publiques ont pu renforcer ou inverser la tendance liée aux prix. Finalement, dans les régions Centre, Bourgogne, Franche-Comté, Haute-Normandie, Limousin, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes, les agriculteurs ont passé une année sans trop d’encombres. Elle aura été plus difficile en Ile-de-France, Basse-Normandie, Alsace-Lorraine, Champagne-Ardenne et Bretagne.
Prix et volumes : deux tendances inverses
Sans surprise, les prix des productions animales ont chuté en 2015 dans toutes les régions (de -0,2 % à -9,9 %) excepté en Rhône-Alpes, selon les statistiques de la Commission des comptes de la Nation. Basse-Normandie, Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais, et Lorraine ont connu les plus fortes baisses de prix des produits animaux en 2015. À l’inverse, les prix des productions végétales ont augmenté dans toutes les régions en 2015 (de +0,2 % à +33,9 %).
Au niveau des volumes, le constat s’inverse. En productions végétales, toutes les régions voient leur volume de production chuter (entre -0,6 % et -23 %), particulièrement dans le Limousin et l’Auvergne. Les productions animales enregistrent quant à elles une hausse significative de volume partout, sauf en région Champagne-Ardenne. Cela ne suffit cependant pas à compenser les variations de prix. Ainsi, la valeur des productions animales chute dans la majorité des régions (jusqu’à -18,5 %) tandis qu’elle augmente pour les productions végétales, quasiment partout, et particulièrement en Haute-Normandie (+14,5 %).
Réduction de la facture des consommations intermédiaires
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Les subventions publiques transférées « des régions situées au-dessus de la ligne Bordeaux-Strasbourg vers les autres régions »
La Commission des comptes de la Nation observe une diminution de la valeur des consommations intermédiaires qui résulte en partie de la baisse générale des volumes produits, malgré une « légère hausse de leur prix moyen » (+0,8 %). Cette tendance baissière recouvre - là encore - des disparités en fonction des types de production. La valeur des achats en produits animaux a baissé de 3,5 % tandis que celle des engrais et produits phytosanitaires est restée stable. De fait, « la baisse de la facture des consommations intermédiaires est moins importante (autour de -1 %) pour les régions de grandes cultures » (Ile-de-France, Picardie, Centre) que pour les régions d’élevage (plus de -3 %) comme le Limousin, l’Auvergne, Midi-Pyrénées ou Rhône-Alpes.
Les répercussions des choix politiques
L’entrée en vigueur, en 2015, de nouveaux dispositifs de la PAC (convergence et majoration des 52 premiers hectares, réforme des aides couplées animales, ICHN) ont sensiblement modifié la répartition régionale des aides au bénéfice des régions d’élevage. La Commission des comptes de la Nation constate « un transfert des régions situées au-dessus de la ligne Bordeaux-Strasbourg vers les autres régions ». Par ailleurs, la mise en œuvre du plan de soutien à l’élevage a profité aux régions Bretagne, Auvergne et Rhône-Alpes. Les indemnités au titre des calamités agricoles, en lien avec la sécheresse, ont quant à elles bénéficié aux régions Auvergne, Rhône-Alpes et Limousin. « Dans les régions où les subventions d’exploitation pèsent beaucoup », cette nouvelle donne dans la distribution des aides a été « déterminante », notamment pour les régions Auvergne ou Midi-Pyrénées.