Le comité inter-filières a validé quatorze premiers plans d’action de filières en vue du retrait futur de substances actives, dans le cadre du plan Ecophyto 2030. Un appel à manifestation d’intérêt est lancé, afin d’apporter des solutions aux problèmes identifiés dans ces plans, avec un premier round de dépôt de candidatures qui se clôt le 31 janvier.
Quatorze plans d’action anticipant le retrait de substances actives ont été validés en comité inter-filières le 18 décembre. Quatre de ces plans concernent la filière des fruits et légumes, dont deux pour les produits dédiés au marché du frais (gestion des adventices, gestion de la mouche Drosophila suzukii) et deux pour les produits dédiés à la transformation (gestion de l’enherbement ciblant les dicotylédones, gestion des chenilles foreuses et tordeuses).
Le comité inter-filières a aussi validé un plan d’action porté par la filière grandes cultures (gestion des graminées-adventices dans les rotations), un pour la filière semences et plants (lutte contre les coléoptères) et un pour la filière vigne (lutte contre le mildiou et black rot), selon un document stratégique publié dans la journée par la Rue de Varenne. De même, ont été validés un plan pour la filière PPAM (gestion des adventices), un autre pour les cultures biologiques (gestion des maladies fongiques dont notamment les alternatives au cuivre), deux pour l’horticulture (gestion des adventices, gestion des thrips) et trois pour l’outre-mer (gestion des adventices pour la canne à sucre, de la cercosporiose noire pour la banane, et des ravageurs pour les fruits et légumes).
Si ces plans sont portés par des filières en particulier, d’autres productions se sont parfois associées aux travaux. C’est le cas par exemple des chantiers chapeautés par l’Unilet. L’interprofession des fruits et légumes transformés a planché sur le chantier des dicotylédones pour lesquelles « les trois-quarts des substances sont menacées de retrait » avec les filières pomme de terre, plants de pomme de terre, légumineuses et plantes médicinales, explique sa directrice Cécile Le Doaré. De même, d’autres productions se sont associées au chantier sur les lépidoptères : « Nous ont rejoint les légumineuses (notamment le pois chiche), les plantes aromatiques (lavande, sauge) et plusieurs cultures ornementales (chrysanthèmes, cyclamens…) […] car nous ne sommes pas les seuls concernés par ces chenilles foreuses et tordeuses qui sont extrêmement migratrices et vont avoir beaucoup d’impacts lié au changement climatique ».
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L’AMI est lancé
Dans la foulée de cette annonce, le ministère de l’Agriculture a lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI Parsada) associé aux quatorze plans d’action. Ce premier AMI, qui sera complété par d’autres durant l’année, constitue le dispositif AMI Parsada et est doté de 146 millions d’euros pour l’année 2024. À la clef, un financement plafonné à 4 M€ par projet dans le cadre de « projets ciblés » (conventionnés par la DGAL), ou à 7,5 M€ par projet dans le cadre d’un appel à projet qui sera lancé « dans un second temps » par FranceAgriMer.
Peuvent postuler différentes structures (consortium d’acteurs publics et privés, instituts techniques, entreprises, organismes de recherche…) apportant des réponses aux problématiques identifiées dans les quatorze plans d’action. Elles doivent permettre « une réduction de la dépendance aux produits phytopharmaceutiques de synthèses » et « privilégier la production de solutions opérationnelles, techniquement et économiquement acceptables ». Les intéressés ont jusqu’au 31 janvier pour envoyer leur lettre d’intention afin d’intégrer la « première relève », avant de nouvelles relèves prévues « tous les deux mois ».
Les lettres d’intention seront instruites par des « cellules d’animation constituées autour des ITA » (instituts techniques agricoles, NDLR) qui « procéderont à des regroupements de projets ».