Comment en est-on arrivé là ? Arrivé à une situation de violence intolérable qui conduit à la destruction, par des agriculteurs, de stands d’agriculteurs. En donnant aux citadins, non seulement l’image d’une profession de nouveau surprise à détruire pour demander, mais aussi à détruire pour régler ses propres conflits.
Si les auteurs des violences sont inexcusables, il faut reconnaître qu’un peu plus d’écoute à leur égard aurait sans doute permis d’éviter ces saccages.
Pourquoi le syndicalisme majoritaire n’accepte-t-il pas d’entrer en discussion sur la question de la représentation des minoritaires dans les interprofessions ?
Pourquoi le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire n’a-t-il pas accordé au moins 15 minutes au Space, à l’issue de son discours, pour recevoir les chefs de file des syndicats protestataires ? Il le pouvait et les chefs de file de ces syndicats auraient sans doute calmé ensuite les esprits.
Peu après son arrivée au ministère de l’agriculture, Bruno Le Maire avait montré des signes d’ouverture aux syndicats minoritaires. Aux réunions de concertation, ils étaient systématiquement invités. Bruno Le Maire leur faisait même savoir qu’il accepterait, officieusement, de rendre possible leur participation aux interprofessions.
Tout a changé après l’échec de la droite aux élections régionales. Nicolas Sarkozy, pour récupérer des électeurs traditionnels, décide de concentrer son dialogue et celui du gouvernement sur le syndicalisme majoritaire. Oubliées, les ouvertures faites à propos des interprofessions. Lorsque la loi de modernisation agricole passe au parlement, le gouvernement renonce à cette idée initiale. La capacité d’écouter les minoritaires s’est soudain estompée. Quand on ne s’écoute plus, c’est là que la violence s’installe.