Dans un avis publié le 12 mars sur les produits issus de l’édition génomique, l’Académie d’agriculture de France (AAF) souligne « le bien-fondé d’utiliser ces techniques » pour l’avancée des connaissances, « comme c’est déjà le cas en santé humaine », mais dans le cadre d’autorisations temporaires. Elle propose « un suivi des autorisations limitées dans le temps et révocables, auxquelles il pourrait être mis fin sans irréversibilité ». Encore faut-il « rendre les procédures d’autorisation, lourdes et coûteuses, accessibles aux PME et aux groupements d’agriculteurs ou de consommateurs ».
La Cour de justice de l’UE a rendu le 25 juillet 2018 un arrêt qui classe les produits issus de l’édition génomique parmi les OGM. Une décision prise « indépendamment de l’évolution scientifique de ces 20 dernières années », regrette l’académie. L’AAF insiste sur le « bien-fondé » d’utiliser ces techniques, dont les applications « font partie des solutions pour contribuer à relever les défis mondiaux urgents actuels : biodiversité, changement climatique, évolution de la population mondiale » et qui peuvent « s’inscrire dans les priorités politiques actuelles, comme l’agroécologie ou le bien-être animal ».
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Aux yeux de l'ex-président Bertrand Hervieux, les produits issus de l’édition génomique ne sont « pas assimilables à des OGM », dit-il à Agra Presse. Et de souhaiter une révision de la législation actuelle pour distinguer ces nouvelles techniques vis-à-vis de la transgénèse. D’ici là, l’académie recommande d’activer l’article 7 de la directive OGM instaurant une procédure différenciée. « Pour éviter le décalage entre science et droit, l’AAF propose une révision tous les 7 ans des textes régissant ces domaines, comme pour le Conseil consultatif national d’éthique », d’après l’avis. L’académie réclame des évaluations périodiques sur les organismes obtenus, leur environnement, pour déceler d’éventuelles évolutions encore méconnues. Elle demande aussi d’« imaginer les nouveaux moyens, méthodes et lieux de débat pour former et informer les publics de façon transparente, et les associer aux décisions d’autorisation ».
L’AAF souligne le « bien-fondé » d’utiliser ces techniques