Dans la dynamique des Egalim, le ministre de l’Agriculture a missionné Serge Papin, ancien patron de Système U, pour travailler sur la répartition de la valeur dans les filières agroalimentaires.
« Julien Denormandie relance la dynamique des États généraux de l’alimentation pour une meilleure répartition de la valeur le long de la chaîne alimentaire », annonce un communiqué du ministère de l’Agriculture le 15 octobre. La méthode présentée s’articule autour du triptyque « confiance, exigence, transparence », précise la Rue de Varenne : « Confiance dans les acteurs qui proposent des prix solidaires vis-à-vis de l’amont agricole », « exigence dans l’obtention de résultats » et « transparence dans les actions et les marges de chacun ».
Et afin de renforcer la mise en œuvre des Egalim, le ministre a confié une « mission d’intérêt général » relative à la répartition de la valeur dans les filières agroalimentaires à Serge Papin, qui présidait à l’époque l’atelier 5 des Egalim. Dans un rôle de « médiateur et conciliateur », l’ancien patron de Système U devra créer un dialogue avec l’ensemble des parties prenantes afin de « consolider le consensus autour de la nécessité de mieux rémunérer la chaîne de valeur agricole ». Il devra également dresser un bilan de la loi et « identifier au niveau des négociations commerciales entre les différents maillons ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas ».
Généraliser les bonnes pratiques
Enfin, sa feuille de route prévoit de réfléchir aux conditions de diffusion des bonnes pratiques nationales ou locales et établir des pistes d’amélioration opérationnelles. « Il portera une attention particulière à la nature des contrats mis en place, l’utilisation des indicateurs de prix et de coûts de production », précise également le ministère.
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La Confédération paysanne et le Modef ne sont pas convaincus. À la suite de cette nomination, la Confédération paysanne dénonce, dans un communiqué du 15 octobre, un « énième tour de piste » et un « discours creux ». « Nous attendons de l’État qu’il s’engage fortement pour défendre et protéger le revenu paysan », interpelle le syndicat.
Face à la « perpétuation du statu quo au profit des grands groupes de l’agrobusiness et de la distribution », la Conf' demande à l’État d’imposer une transparence de leurs marges aux acteurs de l’agro-industrie et de la grande distribution ; d’arbitrer publiquement les relations commerciales pour rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée ; de réguler les marchés au niveau européen pour permettre la relocalisation de la production ; et enfin de sanctionner les « prédateurs de la valeur du travail paysan ».
Parallèlement, le Modef continue de revendiquer la mise en place d’un « prix rémunérateur plancher fixé et garanti par l’État », ainsi qu’un « cadre réglementaire et législatif pour encadrer les marges ».
« Médiateur et conciliateur »