Les sondages sont souvent trompeurs. Ils peuvent indiquer, par exemple, que chez les consommateurs existe une « cote d’amour » pour les éleveurs face à leurs difficultés. Ainsi, cet été, plusieurs d'entre eux suggéraient une certaine empathie du consommateur citadin pour les éleveurs en crise.
Cependant, le meilleur moyen d’expression des consommateurs, c’est son comportement dans les magasins, les grandes surfaces notamment. Et là, il ne faut pas se faire d’illusion. Ainsi, en pleine crise du porc, durant les derniers mois de juillet et août, la consommation de viande porcine a baissé d’au moins 9 % par rapport à la consommation de l’année précédente à la même époque. On ne peut pas dire que le consommateur a été ardent à acheter les produits des éleveurs. Ce qui était d’autant plus préoccupant que juillet et août sont des mois de grosse consommation (grillades de l’été, etc.)
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Autre enseignement, selon une étude de l’Ifip (Institut français du porc) l’élasticité-prix de la consommation de viande de porc n’est pas négligeable. Autrement dit, lorsque le prix augmente, l’acheteur est davantage tenté d’acheter des morceaux bon marché, voire d’autres viandes (poulet) ou des produits traiteurs dans lesquels la quantité de viande de porc est faible, moins identifiée selon son origine. Là encore, il faut considérer le consommateur pour ce qu’il est : un être au pouvoir d’achat limité, arbitrant sans état d’âme en fonction de la qualité et du prix. Ce consommateur n’est plus l’individu sympathique ayant répondu à un sondage en exprimant sa grande inquiétude pour des éleveurs en difficulté. C’est un égoïste ne raisonnant qu’en fonction de son portefeuille et… de ses papilles gustatives.