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Voir appliqué un raisonnement purement comptable à un problème humanitaire est déjà un signe d’égoïsme pour l’Europe, même s’il ne s’agit que de six pays frondeurs. C’est bien ce que révèle ce débat de civilisation sur le programme d’aide alimentaire à l’attention des déshérités. Cet égoïsme risque bien de suivre un cercle vicieux infernal. Plus on voudra lutter contre les déficits budgétaires et plus on fera de pauvres ; plus il y aura de pauvres et moins on voudra les aider pour des contraintes budgétaires. L’Europe vient de louper une occasion de redorer son image auprès des populations. Il est vrai que depuis le référendum sur les institutions, cette image n’est pas brillante.
On peut comprendre la position des Allemands qui estiment payer deux fois cette aide humanitaire alors que, peut-être, ils en ont moins besoin que les autres. Mais on ne peut pas l’accepter pour autant. Bruno Le Maire, le ministre de l’Agriculture, rappelle que de toute façon l’argent est provisionné à Bruxelles pour les deux années à venir alors que, justement, les Etats nationaux sont en proie à des déficits abyssaux. Alors, n’est-ce pas faire du zèle comptable que de vouloir faire payer chaque Etat ? Que dire aux Grecs ? Qu’ils financent eux-mêmes l’aide aux déshérités alors qu’ils n’ont plus un sou en caisse ? Rappelons les sommes : environ 50 millions d’euros pour une Union qui compte à peu près 500 millions d’habitants. Soit un euro par habitant et par an !
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