Le Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE) et le mouvement paysan Coordination européenne Via Campesina ont rappelé leurs positions et demandes respectives aux têtes de liste des partis politiques européens – et, de ce fait, candidats (« spitzenkandidaten ») à la présidence de la prochaine Commission européenne – qui participaient le 15 mai à un débat électoral dans l’hémicycle du Parlement européen à Bruxelles (1). Tous deux ont notamment fait part de leurs préoccupations et suggestions en ce qui concerne, pour leur secteur, la répartition des compétences entre les services de l’exécutif de l’UE qui prendra ses fonctions en novembre.
Comme elle l’avait déjà fait le 8 mai dans une lettre ouverte signée avec 32 ONG et groupes de réflexion, la Coordination européenne Via Campesina plaide pour « une politique alimentaire de l’UE avec un vice-président de la Commission européenne chargé d’assurer la transition vers des systèmes alimentaires durables » (2).
La DG agriculture doit rester « chef de file » pour la Pac
De son côté, le Copa-Cogeca estime que la direction générale de l’agriculture et du développement rural (DG AGRI) de la Commission européenne doit « conserver la responsabilité stratégique pour (ces politiques) et continuer en tant que DG chef de file pour tous les aspects de la Pac ».
« Contrairement à certaines suggestions, nous croyons que le rôle et les responsabilités de la DG AGRI devraient être renforcés afin d’améliorer la coordination des politiques de l’UE qui ont un impact sur les activités (du secteur) », souligne le Copa-Cogeca, ajoutant que cette direction générale « contribue en effet de manière significative à plusieurs priorités politiques de la Commission, notamment le commerce, l’emploi, la croissance et l’investissement, ainsi que le marché intérieur ».
Agenda stratégique et nominations
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Les ministres de l’UE chargés des affaires européennes se retrouvent le 21 mai à Bruxelles pour poursuivre les discussions sur le cadre financier 2021-2027 de l’Union et aussi pour préparer le sommet des 20 et 21 juin qui sera consacré notamment à l’adoption de l’agenda stratégique européen 2019-2024 (3) et à la nomination des prochains dirigeants des institutions de l’UE.
Les chefs d’État et de gouvernement auront déjà eu l’occasion d’aborder le dossier des nominations, celle du futur président de la Commission notamment, à la lumière des résultats des élections européennes lors d’un dîner informel prévu le 28 mai dans la capitale belge.
(1), (2) et (3) Voir n° 3692 du 13/05/19
(4) Voir même numéro
Moderniser la Pac pour préserver ses fonds
La nécessité de moderniser la politique agricole commune pour préserver ses fonds après 2020 est réaffirmée dans presque tous les programmes des partis politiques européens en vue des élections qui se tiendront du 23 au 26 mai. Mais des divergences apparaissent bien entendu sur les modalités des changements à opérer, alors que les institutions de l’UE tardent à boucler un accord politique sur la prochaine Pac (4). Les démocrates-chrétiens insistent sur le respect de la subsidiarité et des règles communes, les socialistes sur les nouvelles exigences sociétales (durabilité, meilleure alimentation…), les libéraux sur la nécessité de « réformer en profondeur et de repenser les subventions agricoles », la gauche européenne sur « l’indépendance alimentaire » et la préservation des écosystèmes locaux, les Verts sur l’investissement dans une production alimentaire saine, plutôt que subventionner une agro-industrie qui « détruit les sols, aggrave la crise de la biodiversité et monopolise la production alimentaire ».