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Agriculture biologique Elevage bio : un modèle performant pour 1,7 % du marché

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Le modèle de l’élevage biologique a été présenté le 18 octobre par le Centre d’information des viandes (CIV) et l’interprofession Interbev, comme performant sur le plan environnemental mais pas seulement. Les viandes qui en sont issues connaissent une bonne croissance qui devrait lui permettre de dépasser bientôt ses 1,7 % de part de marché actuel.

«L’élevage biologique apporte une plus-value environnementale », a expliqué Marc Benoit, directeur de recherche à l’INRA de Clermont-Ferrand qui travaille sur un réseau INRA de 130 fermes biologiques.
Les résultats enregistrés sur ces fermes lui permettent de comparer les deux systèmes. Selon Marc Benoit, l’avantage environnemental est indéniable.
D’abord par l’absence de produits chimiques dans le soin aux animaux. Les traitements préventifs étant interdits, seuls existent des traitements curatifs, avec des produits vétérinaires très réglementés. Le changement de mode de production, du conventionnel vers la bio, ne pose pas de problème majeur. La maîtrise de la santé des animaux est soumise à un cahier des charges (faible chargement à l’hectare, plein air, alimentation à base d’herbe …). La viande des animaux est plus riche en oméga trois. D’autre part, selon une étude menée par l’INRA en 2008, l’élevage biologique est favorable à la biodiversité grâce à des rotations en grande culture. Le bilan énergétique est également favorable à la bio en raison de l’absence d’engrais azotés très demandeurs en énergie et émetteurs de protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre. Les bénéfices de ce mode d’élevage profitent à l’Hexagone et aux autres pays en évitant par exemple les importations de soja d’Amérique du Sud. Sur le plan économique, le système bio résiste mieux à la volatilité des prix des matières premières car une part importante des céréales utilisées pour alimenter le bétail est produite sur l’exploitation. Cette production ne subit pas la hausse des engrais chimiques par exemple. Sur le plan agronomique, la production biologique résiste mieux aux écarts climatiques en raison de l’effet tampon des matières organiques dans le sol qui retiennent l’eau en cas de sécheresse et l’absorbe en cas de forte pluviosité.

Plus-value à la vente
Les performances de l’agriculture biologique servent aujourd’hui à l’élevage conventionnel, pour lui permettre notamment d’augmenter son autonomie, en cultivant davantage de légumineuses par exemple pour acheter moins de protéines, a encore expliqué Marc Benoit.
Globalement, l’élevage biologique n’est pas moins rémunérateur que le conventionnel, les surcoûts (des matières premières bio, de la certification, d’un moindre chargement à l’hectare…) sont compensés par une plus-value à la vente. Certains éleveurs performants parviennent même à de très bons résultats économiques (jusqu’à 70 000 euros de revenus par an et unité de travail).
La viande bio ne représente cependant que 1,7% des parts de marché de la viande. Cependant, alors que les ventes de viande conventionnelle (toutes viandes confondues) régressent chaque année, celles de la viande bio sont en hausse. Elles ont augmenté de 15 à 16% entre 2008 et 2009, selon les chiffres de l’Agence bio.

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