La Commission européenne lance une consultation publique en vue de sa future stratégie sur l'élevage, attendue pour le mois de juin, qui devrait porter sur l'innovation, les approches territoriales et la valorisation des produits animaux de qualité. Le Parlement européen, de son côté, finalise ses recommandations sur ce dossier.
La Commission européenne a ouvert le 13 mars (jusqu'au 10 avril) une consultation publique sur sa future stratégie sur l'élevage, qui devrait être présentée au mois de juin. L'initiative vise à alléger « un ensemble de pressions structurelles et quotidiennes » qui fragilisent le secteur de l'élevage de l'UE et plus particulièrement le secteur des ruminants, souligne Bruxelles. Parmi elles : le manque de rentabilité, qui conduit à une décapitalisation, les maladies animales, la nécessaire réduction de l'empreinte environnementale, ou encore les normes strictes de l'UE, notamment en matière de bien-être animal, qui ont un coût qui n'est pas toujours récompensé par le marché.
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La Commission européenne souhaite à la fois apporter des réponses aux exploitations des régions où la concentration de la production est importante, qui doivent réduire leurs externalités négatives, et à celles des territoires où l'élevage joue un rôle clé dans l'emploi, la gestion des terres et les chaînes de valeur locales. Pour y répondre, elle table sur : l'innovation, les approches territoriales, la valorisation des produits animaux de grande qualité, l'économie circulaire, la promotion des systèmes de pâturage, les investissements dans le bien-être animal, la traçabilité et les systèmes de certification. Dans le cadre de sa proposition pour la future PAC, la Commission européenne a déjà prévu un certain nombre d'outils pour atteindre ces objectifs : relèvement à 20 % du plafond pour les aides couplées, paiement pour les contraintes naturelles ou aide pour les désavantages résultant de certaines exigences obligatoires.
Le Parlement européen prend position
Dans cette perspective, la commission de l'Agriculture du Parlement européen a adopté le 18 mars un rapport d'initiative dans lequel elle fixe ses priorités. Les eurodéputés soulignent le rôle stratégique du secteur de l'élevage pour la sécurité alimentaire, les économies rurales et la nutrition. Ils demandent la création d'un groupe de haut niveau sur l'élevage afin d'élaborer des solutions adaptées à la diversité régionale. Les parlementaires insistent sur la nécessité de soutiens renforcés à l'innovation, à la promotion des produits d'élevage de l'UE à l'étranger (étiquetage plus clair, protection des indications géographiques) et aux mesures contre les maladies animales (stratégies coordonnées de vaccination, systèmes de détection précoce et de partage de données, banque de données de vaccination centralisée, dispositifs d'indemnisation des éleveurs). Ils souhaitent aussi que des efforts soient faits pour garantir que les normes de l'UE en matière de bien-être animal, de santé et de performance environnementale soient prises en compte dans tous les accords commerciaux. Ce rapport d'initiative doit désormais être adopté lors d'une prochaine plénière à Strasbourg, probablement lors de la session d'avril (27-30).