Envolée des cours des matières premières, normes de protection des animaux, libéralisation des échanges mondiaux, répercussion inéquitable des bénéfices de la chaîne alimentaire : l’élevage n’est pas une sinécure en Europe. Dans l’immédiat, c’est surtout le coût de l’alimentation animale qui plombe le secteur et risque d’aboutir à la disparition d’exploitations. La fin de la tolérance zéro pour les traces d’OGM non autorisés dans les indispensables importations de soja ou de maïs apporte tout juste un début de « solution technique ». Lors du Conseil agricole à Bruxelles, la Pologne a aussi rappelé que le retour des protéines animales pour nourrir porcs et volailles permettrait de réduire la demande et la dépendance de l’UE pour les protéines végétales « d’environ 30 à 35 % », et de diminuer les coûts de production de la viande et des œufs. Bruxelles envisage effectivement un assouplissement des règles de précaution imposées par la crise de la vache folle, mais préfère prendre le temps de s’entourer de toutes les assurances scientifiques et techniques. Mais, dans le même temps, OGM et farines animales ne sont peut-être pas les options préférées des consommateurs... Un casse-tête que, sur le long terme, la prochaine réforme de la Pac devra tenter de résoudre. Sans doute en favorisant une redistribution des soutiens agricoles entre secteurs. Et là, le dossier devient très politique.
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