En amont de la présentation par la Commission européenne – prévue le 7 juillet – d’une stratégie pour relancer le secteur de l’élevage dans l’UE, le Parlement européen a adopté ses recommandations centrées sur l’innovation, la promotion, la réciprocité et la levée des contraintes environnementales.
Le Parlement européen a adopté (par 426 voix contre 119 et 40 abstentions), le 30 avril en plénière à Strasbourg, sa position sur les mesures à mettre en place pour « assurer un avenir durable au secteur de l’élevage de l’UE » alors que la Commission européenne doit présenter le 7 juillet sa stratégie pour le secteur. Les eurodéputés insistent, dans ce travail préparé par le conservateur italien Carlo Fidanza, sur la nécessité de tenir compte de la diversité des modèles d’élevage et de maintenir la production dans toute l’UE y compris dans les zones de montagne, isolées et défavorisées. Ils proposent, en particulier, la création d’un groupe de haut niveau sur l’élevage afin d’élaborer des solutions adaptées tout en respectant la diversité régionale. Le Parlement européen demande également des soutiens pour l’innovation (amélioration de la productivité et de la durabilité) et la promotion à l’étranger, grâce à des pratiques d’étiquetage plus claires et à la protection des indications géographiques. Il appelle dans son rapport à « stopper et inverser la tendance à la décapitalisation des cheptels et garantir la pleine réciprocité des normes de l’Union pour tous les produits importés ».
Évolution des mentalités
Les parlementaires expriment aussi leur « inquiétude face aux initiatives et propositions législatives qui, par des mesures directes ou indirectes, découragent l’élevage d’animaux » ciblant notamment la directive sur les émissions industrielles qui soumet l’élevage « à un régime réglementaire conçu pour les industries lourdes ». De plus, ils saluent la volonté de la Commission européenne de mettre la réglementation sur les nitrates « en cohérence avec les données scientifiques les plus récentes et les pratiques innovantes en matière de fertilisation, y compris l’épandage d’effluents ». Enfin, ils souhaitent aussi un renforcement de la coordination européenne en matière de stratégies de vaccination.
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Quelques amendements supplémentaires ont été adoptés au moment du vote en plénière notamment pour réclamer des incitations en faveur de l’élevage extensif basé sur les prairies via la Pac ou pour appeler la Commission européenne à cesser les financements aux ONG menant du lobbying ciblé et véhiculant une image trompeuse, militante et idéologique de l’élevage en Europe. De nombreux élus ont salué l’adoption de ce rapport qui dénote, a souligné le centriste belge Benoît Cassart de « l’évolution des mentalités » concernant l’élevage au niveau de l’UE. Le think tank Farm Europe a salué l’appel de Strasbourg à « rétablir la production comme orientation centrale des politiques publiques, en tenant compte de la diversité des modèles, tout en prenant également en considération la contribution de l’élevage à l’environnement et à l’économie rurale ».