Elidis, filiale française de distribution de Scottish & Newcastle, va être vendue au réseau d’indépendants C10 pour 119 millions d’euros. Cette opération permet à C10 de prendre une position dominante sur le marché français de la distribution de boissons aux CHR et au brasseur britannique de tenter de con-trer l’OPA hostile de Carlsberg et Heineken. Le britannique a également annoncé un certain nombre d’actions visant à développer son marché au Royaume-Uni.
Pour contrer une OPA hostile de Carlsberg et Heineken sur son groupe, Scottish & Newcastle préfère se délester de sa filiale de distribution française Elidis au profit de C10 (ex-CEB, Centrale européenne de boissons) pour 85 millions de livres (119 M EUR). En intégrant Elidis, qui distribue notamment Kronenbourg, C10 devient le leader du marché de la distribution de boissons en France à destination des CHR. France Boissons occupe jusqu’à présent cette place avec une part de marché de 26,70%.
Fondé en juin 2004, C10 gardait comme forte ambition de devenir leader sur ce marché. Après une augmentation de capital en 2005, le réseau d’indépendants s’est engagé, depuis, dans une stratégie visant à affirmer sa position. Le groupe a notamment concentré ses efforts sur le recrutement d’adhérents, sur le renforcement de sa visibilité avec la mise en place progressive de l’identité visuelle sur le terrain, sur le lancement de sa première campagne de communication et de son site Internet en 2006. Il a également tenté de diversifier son offre. Aujourd’hui, C10 possède plus de 10 000 références grâce à 180 fournisseurs. Avec 170 adhérents répartis sur le territoire français, il réalise un chiffre d’affaires de 850 millions d’euros.
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Créer de la valeur au Royaume-Uni
Pour Scottish & Newcastle, cette transaction entraînera une perte de 370 millions de livres. Elle doit être finalisée au premier trimestre 2008. Récemment, le brasseur britannique avait rejeté la nouvelle offre des brasseurs Carlsberg et Heineken de 7,3 milliards de livres (13,7 Mds EUR dettes comprises) contre 7 Md livres initialement. Le conseil d’administration de S&N « a rejeté sans hésiter cette proposition hautement inadéquate, qui sous-évalue substantiellement les atouts uniques et les parts de marché » du groupe. Scottish & Newcastle, qui n’a pas du tout l’intention de se laisser faire, a présenté un plan d’économies de 20 millions de livres (28 M EUR) touchant principalement le Royaume-Uni. Outre sa décision de se séparer de sa filiale française de distribution, le brasseur britannique va prendre plusieurs initiatives destinées à doper la création de valeur pour ses actionnaires. Au Royaume-Uni, il va ainsi établir une co-entreprise avec la filiale britannique du groupe américain Coors pour fabriquer et distribuer jusqu’à 3 millions d’hectolitres de bière par an. Le groupe souhaite aussi créer une cidrerie d’une capacité annuelle d’un million d’hectolitres, en partenariat avec la société anglaise Q-Group, et envisage la fermeture d’une usine de conditionnement située à Berkshire. Enfin, il compte lancer une coentreprise baptisée « Heritage Drinks Limited » dont la vocation sera de promouvoir ses bières à fermentation haute.
Pour 2008, Scottish & Newcastle s’est dit « confiant quant à ses performances, qui seront portées par BBH et par un redressement des principaux marchés d’Europe de l’Ouest ».