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L’emballement médiatico-politique sur l’étude du professeur Séralini concernant un organisme génétiquement modifié est quelque chose de sidérant. Des réactions effarantes se sont multipliées, généralisant abusivement les résultats. « Les OGM tuent », il faut interdire tous les OGM, revoir toutes les procédures d’autorisation, etc. Certains ont publiquement réagi alors qu’ils n’avaient lu de l’étude qu’un résumé de quinze lignes. Les politiques s’y sont mis, préconisant un chamboulement de toute la législation sur tous les OGM.
L’étude Séralini ne porte que sur un OGM, un maïs, le NK603. Les résultats de son étude, si l’on veut être vraiment scientifique, ne peuvent porter que sur cet OGM. A la rigueur sur les OGM de cette catégorie, c’est-à-dire résistants au RoundUp. A partir d’une analyse sur un produit, on tire des conclusions générales totalement abusives. Exactement comme si, constatant les effets de l’amanite phalloïde sur des rats, on en concluait que tous les champignons sont dangereux. Interdisons donc le NK603 mais attendons d’en savoir plus sur les autres. Reconnaissons aussi que l’étude Séralini a comme mérite d’attirer l’attention sur la nécessité d’analyses longues sur les conséquences des OGM. Mais c’est tout. Gilles-Eric Séralini aurait dû plus clairement mettre en garde contre l’interprétation excessive qui pouvait être faite de ses résultats. Il ne l’a pas fait. Bien au contraire, il a diffusé son étude en même temps qu’un livre à paraître sous sa plume, qu’un film sorti dans les salles et d’un livre de l’avocate Corinne Lepage, édité par une des associations qui a financé le travail du laboratoire. Tout cela sent la campagne de communication, le « coup » médiatique avec un hebdo grand public en renfort. La sérénité de la science est bien loin.
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