Parmi les 5 200 exposants attendus au Sial à Paris entre le 17 et le 21 octobre, neuf PME provençales partageront la même vitrine. Depuis 1981, elles promeuvent de concert leurs produits à l’exportation, sous la bannière unique de l’association France Méditerranée Export. Alors qu’« une démarche individuelle se révèle souvent lourde et chère», elles diminuent leurs coûts de représentation aux salons et autres grandes manifestations agroalimentaires à travers le monde, se félicite Emile Koller, président de FME, par ailleurs patron du Laboratoire d’herboristerie générale (LHG). En réunissant une large palette de spécialités, « du pastis au digestif », elles optimisent les contacts noués avec les acheteurs sur leur stand, jusqu’à partager les mêmes clients.
La plus importante d’entre elles compte une cinquantaine de salariés, et la plus petite, à peine huit. Plus que centenaires ou de création récente, toutes sont demeurées familiales et indépendantes. Bien qu’attachées à leurs racines et leur terroir, elles se veulent novatrices et n’hésitent pas à remettre leurs recettes au goût du jour (soupe de marrons de Collobrières, bourride de lotte, salade d’épeautre…). Complémentaires par leurs gammes de produits au lieu d’être concurrentes, elles totalisent 99 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 10 millions sont réalisés à l’exportation vers 35 pays.
Unis dans la démarche
Partageant la même culture, ces entreprises ont aussi en commun d’avoir à leur tête des dirigeants très investis dans les organisations professionnelles, souligne Emile Koller. Le détail a son importance puisqu’il leur faut faire preuve d’une grande disponibilité au sein de ce « club amical » que constitue FME. La création d’une telle structure exige beaucoup d’efforts, et « la volonté de rester unis dans la démarche même si les intérêts peuvent diverger», explique le président. En plus de la cotisation annuelle de 400 euros, les adhérents relèvent leurs manches pour organiser bénévolement leur présence dans les salons, nouer les contacts, commander le stand… Un partage des tâches qui permet la division des coûts.
Un autre avantage de ce circuit très court réside dans la capacité de réaction de l’association pour prendre part à des manifestations (showroom, réception dans des hôtels…) sur de nouveaux marchés dès lors qu’ils se révèlent prometteurs. Non contents de se faire les représentants de leurs produits régionaux à l’étranger, les adhérents de FME accueillent aussi en France leurs clients potentiels et leur ouvrent les portes de leurs usines.
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Carte de visite
« Tout au long de l’année, nous échangeons nos informations, discutons de nos problèmes, et mettons en commun tout ce qui peut l’être», fait valoir Emile Koller. A ses visiteurs, distributeurs professionnels à la recherche de concepts « autres que les grandes marques », FME promet un gain de temps et des « exportations à valeur ajoutée ». A ses adhérents, l’association offre une « carte de visite » qui leur permet d’enrichir leur portefeuille de clients et augmenter leur chiffre d’affaires. Et s’il est arrivé que l’un ou l’autre se soit retiré de l’association, cela s’est fait dans la souplesse et la concertation, assure le président. Les nouvelles adhésions sont les bienvenues pour peu que les entreprises candidates ne viennent pas concurrencer l’éventail de produits existants mais contribuent à l’élargir. Emile Koller a bon espoir de réunir à terme une vingtaine de PME régionales dans FME, mais ne souhaite pas aller au-delà, de peur d’entraver la bonne marche de la structure.
Il y a vingt ans, se souvient-il, une très petite entreprise de cinq salariés pouvait espérer porter ses effectifs à 30 personnes dans un délai de cinq à dix ans. Désormais, elle peine à renforcer son équipe. Dans un contexte rendu difficile par la concentration de la grande distribution, « il va de l’intérêt des PME de fédérer leurs actions».
France Méditerranée Export : neuf adhérents qui cumulent 99 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 10 millions à l’exportation vers 35 pays (Union européenne, Amérique du Nord, du Sud, Afrique de l’Ouest et centrale, Corée du Sud, Pays du Golfe, Japon, Australie…). Les entreprises : Ferico (couscous blanc et aromatisé), Tramier (olives, condiments, moutarde), Conserverie au Bec fin (soupes de poisson, rouille, tapenades), Miellerie Chailan (miels et autres produits apicoles), Moulins de la Brague (huiles d’olive et huiles aromatisées, olives préparées), Laboratoire d’herboristerie générale (herbes, épices, aromates), Confiserie Maurel (nougats de Provence, calissons d’aix), Conserveries de Haute-Provence (confitures et desserts de fruits, plats cuisinés, compléments culinaires), le Grand Rubren (distillerie, eau de vie, boissons pour apéritif).