Tous les ministres de l’Agriculture de l’UE ont exprimé le 30 janvier à l’occasion de leur réunion à Bruxelles leur opposition à la proposition de la Commission européenne visant à élargir le champ d’application de la directive sur les émissions industrielles au secteur de l’élevage. C’est le seuil proposé de 150 unités de gros bovins (UGB) à partir duquel les exploitations d’élevage (y compris les élevages extensifs ou bio) tomberaient sous le coup de la directive qui cristallise les critiques. Certains ministres suggèrent, comme l’envisage aussi le Parlement européen, un seuil de 300 UGB et l’exclusion du dispositif des exploitations familiales d’élevage extensif ou biologique. La France ne se prononce pas sur un chiffre, mais demande des « garanties sur la bonne prise en compte des spécificités de certains élevages et des processus de production durables ». L’Allemagne propose que la limite de 300 UGB soit réservée aux seuls bovins, appelant à ne pas abaisser l’ambition du texte pour les autres types d’élevage. Pour d’autres, le seuil de 300 UGB est encore trop élevé : la Hongrie défend un seuil à 500 UGB. Quand la Pologne et la Roumanie s’opposent à toute extension du champ d’application du texte aux bovins.
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Malgré ces réticences, le commissaire européen à l’Environnement, Virginijus Sinkevicius, ne propose pas de compromis. Il estime que le seuil de 150 UGB est équilibré et que l’agriculture aura le temps de s’y adapter puisque les nouvelles règles n’entreront pas en vigueur avant 2029. Le commissaire compte donc sur la présidence suédoise pour boucler le dossier au plus vite. La Suède prévoit en effet de finaliser une position commune des ministres de l’Environnement de l’UE qui ont la main sur ce dossier lors de leur réunion du mois de mars. Mais le ministre roumain de l’Agriculture a des doutes sur la possibilité de dégager une position commune à cette date.