Curieux pays où le consumérisme n’est pas des mieux organisé mais où un établissement public qui en tient lieu, l’INC, réussit avec des relevés de prix plus qu’approximatifs à mettre en émoi tout un gouvernement. Quelle aubaine pour se rappeler au bon souvenir des consommateurs-électeurs à dix jours des municipales ! Et de froncer le sourcil en désignant d’un doigt égal les industriels autant que les distributeurs. Que les chiffres soient vrais ou faux, que les marges des uns soient captées depuis des lustres pour le profit des autres importe peu. On a décrété l’urgence et promis d’obtenir demain toute la transparence requise : des brigades d’enquête sont lancées – mais que n’étaient-elles pas en chasse depuis des mois que les matières premières flambaient ? – et une Haute autorité de la concurrence va s’ajouter à notre mille-feuilles administratif qui n’a jamais empêché les « 5 grands » de se partager quiètement les zones de chalandise ; et l’on fera passer comme une lettre à la poste la totale négociabilité des tarifs sans plus en évaluer les risques. A court terme, sur les prix, ce sera un coup d’épée dans l’eau vu que les « négos » sont quasi bouclées pour 2008, avec cette fois, il est vrai, la liberté pour les enseignes de restituer la totalité des marges arrière à leurs clients (mais qu’ont-elles fait de cette latitude partiellement donnée déjà avec la loi Dutreil ?). Il est douteux qu’en nous rejouant toujours le même psychodrame (diviser pour régner) le pouvoir, pris en défaut sur le pouvoir d’achat, se rallie ainsi l’opinion mais il est sûr qu’il l’amène encore une fois à se défier de ses forces économiques. S’il veut porter avec succès à l’Unesco la candidature du patrimoine culinaire français, il lui faudra changer de recette !
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