Le précédent gouvernement avait abordé le tournant. Le nouveau l'emprunte carrément : celui du redressement économique et de l'emploi. Manuel Valls ne cesse de le clamer. Après son discours de politique générale à l'assemblée, il a opéré une forte campagne médiatique pour s'imposer et faire oublier son prédécesseur. Manuel Valls, de plus, ne peut pas renier son passé. Son intérêt pour la TVA sociale, naguère défendue par la FNSEA, pour les technologies modernes dont les biotechnologies et OGM… tout cela, qu'on le veuille ou non, donne un petit coup de vieux à la loi d'Avenir agricole déjà adoptée depuis pas mal de semaines par l'Assemblée nationale.
Ce n'est pas étonnant de voir le Sénat, aujourd'hui, imprimer à cette loi une dimension plus économique que lorsqu'elle est sortie des mains des députés. Il ne peut être question de freiner de quelque façon que ce soit, la capacité d'investir des agriculteurs et l'agroalimentaire, de se développer, de recruter, d'exporter.
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Gageons qu'en dehors des problèmes de réchauffement climatique et donc de gaz à effet de serre, les autres enjeux environnementaux peuvent attendre. Pourquoi n'oserait-on pas parler d'une sorte de moratoire écologique, impliquant qu'au nom du redressement économique, de l'emploi, de la lutte contre la pauvreté, on accepte de stopper l'alourdissement des contraintes et des charges qui pèsent sur des entreprises, y compris les entreprises agricoles ? Les discussions en cours sur l'écotaxe transport, pour laquelle les coopératives et industriels ont été auditionnés seront un bon test de cette volonté.
Bien sûr, on entend alors les protestations des partis et organisations écologiques. C'est légitime. Mais peut-on encore nier que les contraintes environnementales constituent un handicap pour les entreprises qui se trouvent face à la concurrence mondiale ? Surtout si, comme dans le cas du transport routier, elles n'ont pas d'alternative.