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Produits laitiers En 2010, la France a importé plus de lait de consommation qu’elle n’en a exporté

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Le marché du lait de consommation, malgré un léger mieux en 2010, reste confronté à une tendance baissière en France. Face aux importations en provenance d’Allemagne (notamment de l’usine de la Müh), les professionnels misent sur l’innovation.

Après une stabilisation en 2010, la demande de lait de consommation en France est repartie à la baisse ce début d’année, une évolution plus en phase avec la tendance de long terme de ce marché. Si les pays développés consomment de moins en moins de lait, la demande des pays émergents, elle, augmente et explose même dans certains pays comme la Chine.
En France, en 2010, le lait de consommation pèse 3,7 Mds de l conditionnés, qui correspondent à 15,9 % de la collecte.
Pour la première fois, les volumes importés ont dépassé les volumes exportés, même si le solde de la balance commerciale reste légèrement positif en valeur. Environ 256 M l ont été exportés et 275 M l importés. Les exportations n’ont cessé de diminuer depuis 2007 et les importations en provenance d’Allemagne ont plus que doublé entre 2008 et 2010, passant de 92 M l (sur 190 M l d’importations) à 204 M l (sur 275 M l). Une évolution que les industriels du secteur attribuent à l’usine de la coopérative Müh, prévue pour traiter des volumes considérables (1Md l, contre 350 M l pour les autres plus grosses usines européennes) commercialisés à bas prix.

La légère amélioration du marché français en 2010 ne semble pas devoir durer
En France, si la fabrication a progressé de 0,5 % en 2010 (après un retrait de 4,4 % en 2009), la tendance est repartie à la baisse avec un recul de 2,7 % sur les deux premiers mois de l’année 2011. La consommation a très légèrement diminué en GMS (hard discount inclus) en 2010 (- 0,4 %). Le lait frais est en recul de 3,8 % à 74,7 Ml, mais le lait bio frais résiste et ne perd que 0,7 % à 3,6 M l. Cette bonne santé du bio est éclatante pour le lait longue conservation. Alors que l’ensemble du marché (2,8 Mds l) recule de 0,3 %, le lait bio (160 M l) progresse de 9,4 %. De manière générale sur ce marché, le lait standard (2,4 Mds l) recule (- 1,6 %) tandis que les laits spécifiques progressent. A 373 M l, ils gagnent 8,8 % grâce à la croissance des laits vitaminés et délactosés, mais cela reste un marché de niche.

Profiter de la bonne santé des marchés de niche
Réunis la semaine passée à l’occasion de l’AG de Syndilait, les professionnels du secteur du lait de consommation misent sur l’innovation et le merchandising pour réveiller le marché. « Le bio et le délactosé se développent alors qu’ils sont plus chers. L’attente des consommateurs, ce n’est pas seulement un prix bas. Il ne faut pas avoir peur d’aller de l’avant sur le prix. L’innovation est un moyen d’aller de l’avant sur le prix du lait », a estimé Maxime Vandoni (Candia), président de Syndilait, lors de sa conclusion. Autre stratégie de développement possible, sortir de ses frontières, comme l’a fait Lactalis avec Puleva, et maintenant Parmalat.

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